Vigipol - Défendre les intérêts des collectivités littorales face aux risques issus du transport maritime
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Quelques pollutions récentes

Mis à jour le 29.11.2022

Collision entre un vraquier et un méthanier (Gibraltar)
Septembre 2022

Rappel des faits

  • 29.08.2022 (20h00) :  Le vraquier 0S 35 en manœuvre de sortie de port de Gibraltar entre en collision avec le méthanier ADAM LNG alors au mouillage entrainant une faille de 10 m sur le côté du vraquier
    • Le navire poursuit sa route puis sera finalement pris en charge par les autorités du port qui vont le tracter à Catalan Bay à 200 m des côtes
    • La proue du navire repose sur le fond marin à 17 m de profondeur
    • Les 24 membres d’équipage du OS 35 sont évacués
    • Une zone d’exclusion de 200 m autour du navire est mise en place
    • 400 m de barrage flottant sont déployés autour du navire
  • 30.08.2022 : une équipe de plongeurs est dépêchée sur place, ainsi que les moyens de l’autorité portuaire de Gibraltar et de la compagnie en charge du sauvetage et du pompage.
  • 31.08.2022 : la coque du vraquier se brise en deux entraînant « une fuite de fioul lourd, dont une petite quantité s’est échappée du périmètre du barrage flottant« .
  • 02.09.2022 : les premiers rejets de fioul sont constatés sur le littoral de l’enclave britannique, ainsi que les plages alentour du Sud de l’Espagne, des équipes ont été déployées pour « démarrer le nettoyage du fioul sur le littoral » et des oiseaux mazoutés ont été signalés.
  • 05.09.2022 : Environ 80 % du fioul de propulsion du navire a été enlevé. Au total, 41 000 litres de carburant et d’eau ont été retirés de la soute principale.
  • 09.09.2022 : Les opérations sont toujours en cours pour évacuer les résidus dans plusieurs cuves et inventorier les hydrocarbures restants dans de petits réservoirs.
  • 16.09.2022 : À l’approche d’une tempête prévue le week-end du 17 et 18 septembre, l’autorité portuaire de Gibraltar (GPA) a décidé de couler la poupe de l’OS 35 de manière contrôlée.
  • 20.09.2022 : Des équipes de nettoyage sont à nouveau mobilisées afin de collecter les résidus de carburant et les débris qui sont parvenus à la côte suite au mauvais temps des derniers jours, un nouveau barrage flottant est placé autour de l’épave et la pêche est toujours interdite dans la zone et la baignade est déconseillée.
  • 03.10.2022 : Le capitaine du port de Gibraltar a communiqué le calendrier d’enlèvement de l’épave du vraquier OS35. Le propriétaire et l’assureur du navire ont jusqu’à mai 2023 pour assurer l’enlèvement de l’épave en trois phases : gardiennage (sécurité, prise en charge et gestion de la pollution), appel d’offres (pour enlever l’épave), enlèvement de l’épave (devrait durer 6 mois).

Causes de l’accident

Selon les premiers éléments, le capitaine du vraquier OS 35 aurait signalé à l’autorité portuaire avoir heurté le méthanier ADAM LNG alors au mouillage au cours de sa manœuvre de sortie de port tout en indiquant ne pas avoir subi de dommages importants. Le port l’aurait enjoint de s’arrêter, mais il aurait poursuivi sa route en mer, quittant la baie de Gibraltar et se dirigeant vers le détroit. Ce n’est qu’à ce moment-là que le capitaine a signalé que son navire prenait l’eau et les responsables du port ont estimé qu’il n’y avait pas d’autre choix que d’ordonner l’échouage du navire.

Type de pollution

  • Au moment de la collision, le navire contenait 215 tonnes de fioul lourd, 250 tonnes de gasoil et 27 tonnes d’huile lubrifiante pour ses moteurs ;
  • Il contenait sa cargaison de barres d’acier (toujours à bord) ;
  • Au 5 septembre, 41 000 litres de fioul avaient pu être pompés et récupérés.

Le vraquier actuellement ensablé (1,2 m) par 17 m de fond devra être renfloué.

Principaux enjeux

Humains

Les 24 membres d’équipages du vraquier OS 35 ont été évacués suite à la collision. Aucun blessé n’est à déplorer sur les deux navires impliqués.

Environnementaux

  • Des rejets de fioul sont constatés sur le littoral de Gibraltar et des côtes sud de l’Espagne ;
  • Quelques oiseaux mazoutés sont récupérés sur le littoral ;
  • L’OS 35 transportait des barres en acier lors de son naufrage. La cargaison gît au fond de l’eau ;
  • Le vraquier est échoué, brisé en deux parties sur des hauts-fonds à 17 m de profondeur et menace toujours l’écosystème marin environnant sans possibilité immédiate de renflouement.

Economiques

  • L’activité du port a été paralysée durant 4 heures suite à l’accident, mais dès le lendemain, l’ensemble des activités avaient reprises.

Juridiques

  • Enquête officielle lancée par Gibraltar pour déterminer les causes et responsabilités de cet accident ;
  • Le Maire de La Línea de la Concepción (Espagne), dit avoir ordonné « aux services juridiques de la municipalité d’étudier d’éventuelles mesures judiciaires et civiles » contre les responsables de l’accident[1] ;
  • Le propriétaire et l’assureur ont jusqu’à mai 2023 pour assurer l’enlèvement complet du vraquier.

[1] RTP Notícias, « Navio de carga semi-afundado em Gibraltar. Derrame « significativo » de combustível confirmado », 2 sept. 2022

Enjeux et intérêts pour Vigipol

  • Transport maritime : Le détroit de Gibraltar concentre à lui seul 20 % du trafic maritime mondial et rappel la dangerosité d’une telle densité de navires en particuliers lorsqu’ils transportent des matières dangereuses à proximité immédiate des côtes.
  • Responsabilités et prises de décisions : Les premiers éléments disponibles semblent indiquer que malgré les injonctions de l’autorité portuaire de stopper ses manœuvres, le capitaine du vraquier aurait décider seul de poursuivre sa route et ce n’est qu’après s’être aperçu de la fuite qu’il aurait alors obtempéré et procédé à l’échouage du navire. Cet évènement rappelle l’importance d’une chaine de commandement claire et la nécessité de disposer d’une autorité portuaire à même de prendre des décisions en cas d’urgence (menace de pollution).
  • Gestion des bénévoles : Dès le 2 septembre et les premiers constats de pollution sur les côtes de Gibraltar et de l’Espagne, les associations environnementales, ONG et bénévoles ont afflués sur le littoral pour aider aux ramassages des boulettes de fioul. L’anticipation de l’afflux de bénévoles est donc clé dans les dispositifs de préparation.
  • Enjeux juridiques : l’assureur semble plutôt coopératif dans l’entreprise du sauvetage du navire ce qui permettrait de mettre directement à sa charge les mesures anti-pollution et le renflouement du navire.

Pour plus d’informations :

Naufrage du Sea Eagle dans le port d’Iskenderun (Turquie)
Septembre 2022

Rappel des faits

  • Nuit du 17 au 18 septembre :  L’accident s’est déroulé assez rapidement pendant l’opération de déchargement de conteneurs. Le bateau a coulé en se couchant sur le côté.
  • 21 septembre : l’épave a été inspectée par des plongeurs, les fuites de carburant ont été colmatées et les conteneurs récupérés.

Une inspection sous-marine du « Sea Eagle » a été effectuée par les équipes de plongeurs désignées, au cours de laquelle des fuites de carburant ont été colmatées et des soupapes fermées dans la salle des machines afin de minimiser les fuites d’huile. Au moment du naufrage, un total de 24 conteneurs étaient arrimés sur le pont et déversés à la mer. Tous les conteneurs ont été récupérés dans l’eau et ont été déposés à quai avec le soutien des plongeurs. Un plan de sauvetage a été développé par l’Autorité maritime pour prévenir tout risque de pollution. Les premières déclarations de l’équipage et des témoins ont été consignées.

  • 27 septembre : 63 tonnes de carburant enlevé.

Depuis le 26 septembre, l’opération de pompage du pétrole dans les réservoirs de soute du « Sea Eagle » a commencé. L’équipe technique a pompé 63 tonnes de carburant sans aucune pollution.

Causes de l’accident

La direction générale des affaires maritimes turque indique que le navire a chaviré en raison d’un déséquilibre dans la répartition du poids de la charge. Une enquête est ouvert pour déterminer les responsabilités de l’accident.

Type de pollution

  • Chute de 24 conteneurs dans le port
  • Fuites de carburant

Principaux enjeux

Humains

  • Tous les membres d’équipage ont été évacués du cargo. Aucun blessé n’est à déplorer.
  • Beaucoup de personnes sur le quai au moment du déchargement des conteneurs et de l’accident (vidéos). Création d’un mouvement de panique.

Environnementaux

  • Conteneurs tombés à l’eau, aucune indication sur les contenus ;
  • Légère fuite de fluides constatée sur le lieu de l’accident ;
  • 63 tonnes de carburant ont pu être pompés sans aucune pollution constatée ;
  • Les 24 conteneurs tombés à l’eau ont étés récupérés et déposés à quai limitant le risque de pollution.

Economiques

  • Perturbation et paralysie des activités portuaires, non négligeable pour ce petit port.

Enjeux et intérêts pour Vigipol

  • Transport maritime : étape de déchargement de conteneur, répartition de la charge, périmètre de sécurité autour de la zone de déchargement (non visible sur la vidéo) ;
  • Taille du port similaire à des ports français et européens ;
  • Répartition du poids de la charge en cause dans cet accident, peut être impliqué pour d’autres types de déchargement.

Pour plus d’informations :

Fuite accidentelle de chlore dans le port d’Aqaba (Jordanie)
Juillet 2022

Rappel des faits

  • 27.06.2022 : Dans l’enceinte du port d’Aqaba (quai n°4), lors du chargement d’un conteneur citerne contenant 25 tonnes de dichlore sous forme liquide sous pression sur un navire cargo, le Forest 6, le câble de levage aurait rompu faisant chuter le conteneur entre le quai et le navire
    • le conteneur citerne retombé brutalement a provoqué une fuite déversant l’ensemble de son contenu dans l’air
    • Le premier ministre, Bicher al-Khasawneh, s’est rendu sur place et a indiqué avoir chargé le ministre de l’Intérieur, le général Mazen al-Faraya, de diriger l’enquête sur l’accident.
  • 28.06.2022 : Les activités ont repris dans le port excepté sur le quai n°4 (fermé dans le cadre de l’enquête). Le nuage de chlore échappé au cours de l’incident s’est dispersé dans l’air (vent quasi nul) et n’aurait pas engendré de pollution hors de l’enceinte portuaire selon les premiers éléments donnés par le gouvernement.

Causes de l’accident

Selon les premiers éléments de l’enquête, la charge supérieure à la CMU (capacité (ou charge) maximale d’utilisation par brin) de l’élingue (câble d’acier entre la grue de levage et la conteneur à soulever) serait en cause : « Le poids du conteneur était de 28,9 tonnes, soit trois fois plus que la capacité du câble de 8,6 tonnes, ce qui a entraîné sa rupture » selon le ministre de l’intérieur.

Type de pollution

  • Pollution chimique : Fuite de 20 à 30 tonnes de gaz liquide avec un fort pourcentage de chlore (dichlore sous forme liquide), un gaz toxique extrêmement corrosif pour les yeux, la peau et le système respiratoire, dont l’inhalation peut provoquer pneumonie, œdème pulmonaire voire la mort selon l’Organisation mondiale de la santé.

Principaux enjeux

Humains

  • Le bilan provisoire fait état de 13 personnes décédées par asphyxie suite à l’explosion (8 Jordaniens et 5 Vietnamiens).
  • Par ailleurs, au moins 260 personnes sont blessées suite à la fuite de chlore dont 120 toujours hospitalisées (au 29 juin 2022).

Environnementaux

  • Aucun bilan n’est communiqué à la date du 29 juin.
  • Certaines sources font état d’une potentielle pollution du Golfe d’Aqaba (des images vidéo montrent le gaz chloridrique se déposer à la surface de l’eau dans le port d’Aqaba).

Economiques

  • L’activité du port a été paralysée quelques heures suite à l’accident, mais dès le lendemain, l’ensemble des activités avaient reprises, excepté sur le quai 4 où l’explosion s’est produite.
  • Des silos à grain, situés à 600 m du lieu de l’accident, vont également devoir être examinés pour vérifier qu’il n’y ait pas de trace de pollution.
  • Le Golfe d’Aqaba étant une zone très touristique (tourisme balnéaire), cet accident pourrait avoir des conséquences sur la fréquentation touristique si une pollution marine venait à être avérée. Ce risque de pollution reste néanmoins faible selon les autorités en charge de l’enquête.

Juridiques

  • Le ministre jordanien de l’Intérieur, Mazen al-Faraya, qui a présidé la commission d’enquête, a confirmé lors d’une conférence de presse que des « négligences à plusieurs niveaux » étaient à l’origine de l’accident. 
  • Il a notamment pointé la responsabilité du « directeur général de l’Autorité maritime jordanienne, du directeur général de l’entreprise de gestion et d’exploitation des ports d’Aqaba », ainsi que deux autres chefs de département de cette entreprise. 

Enjeux et intérêts pour Vigipol

  • Rappelle la dangerosité du transport maritime ;
  • Interroge sur les conséquences à moyen terme d’un déversement aussi important de matière dangereuse dans l’environnement : quel impact de ce déversement sur l’écosystème marin ? des dépôts de chlore sur les infrastructures adjacentes au lieu de l’explosion (silos à grain, zone de stockage, infrastructures portuaires, navires) ? sur le périmètre à proximité du port potentiellement atteint par la pollution au chlore ?
  • Interroge aussi sur les opérations de manutention de matières dangereuses :
    • Qualité des infrastructures portuaires (plusieurs sources mentionnent des plaintes répétées sur la vétusté des infrastructures portuaire et le manque d’entretien)
    • Respect du protocole de manutention de marchandises dangereuses
    • Équipements de sécurité des manutentionnaires et personnes présentes lors de la manutention navire
    • Sécurisation du quai et prévention sur la zone de manutention de matières dangereuses
    • Vérification /entretien des dispositifs de manutention
  • Zone extrêmement touristique (nombreuses plages, clubs de vacances internationaux) : enjeux liés aux pollutions maritimes extrêmement importants. Pour autant, aucune mesure particulière ne semble avoir été prise suite à la fuite de chlore pour protéger le littoral. Le retour à la normale et la préservation de l’image de marque de la zone semble être la priorité des autorités.

Pour plus d’informations :

Échouement du Tresta Star (Côte Sud-Est de l’île de la Réunion)
Février 2022

Rappel des faits

  • 03.02.2022 : Le pétrolier mauricien Tresta Star naviguant à vide est en difficulté au large de l’île de la Réunion, alors secouée par le cyclone Batsirai. Une opération de remorquage est décidée mais s’avère cependant impossible en raison de la forte houle (7 à 8 m), et le pétrolier s’échoue dans les récifs de roches volcaniques dans une zone extrêmement difficile d’accès.
Localisation de la zone d’échouement du Tresta Star (Google Map)
  • 04.02.2022 : Tous les membres d’équipages sont secourus. La préfecture précise que le Tresta Star ne transportait pas de marchandise et contenait moins de 8 000 litres de gazole de propulsion (léger et volatile). La « majorité de ce carburant devrait se disperser sans risque majeur pour l’environnement ».
  • 07.02.2022 : L’armateur du navire est mis en demeure de le « retirer et prévenir toute atteinte à l’environnement » lequel a désigné un salvage master chinois (responsable des opérations de sauvetage), une équipe de 11 personnes est arrivée sur place ainsi que deux remorqueurs afin de procéder aux opérations.
  • 17.02.2022 : Deux nappes de pétrole (50 m sur 2,5 km de long), provenant du Tresta Star sont repérées, et des moyens de dépollution sont en route selon la préfecture. Ce déversement correspondrait aux résidus « impompables » qui restaient à fond de cale. La météo est toujours très mauvaise et empêche toute intervention dans cette zone où la navigation est très compliquée. La préfecture décide de déclencher le plan POLMAR Terre.
  • 01.03.2022 : Nouvelle opération de dépollution débute sur un site très touristique du littoral de Sainte-Rose où ont été repérées des boulettes de fioul. Suite à trois mises en demeure de l’armateur, propriétaire du bateau et l’absence de réponses concrètes des assureurs du navire, le Préfet de La Réunion, active les moyens de l’Etat (POLMAR terre) :
    • demande de support en mer du Bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer (BSAOM), le Champlain, sur zone : traitement de la nouvelle nappe découverte avec du dispersant ou récupérer les hydrocarbures avec un chalut, selon l’état de la mer ;
    • mandatement d’entreprises locales pour réaliser les opérations nécessaires à la réduction ou la suppression du risque de pollution générée par l’épave : évacuation de ce qui peut l’être par hélicoptère et pompage des cales inondées les unes après les autres.
  • 07.03.2022 : Un nouveau déversement de fioul de l’épave du Tresta Star est constaté, une nappe brune s’étend autour du navire sur plus d’un kilomètre
    • Selon la préfecture, cette nouvelle pollution résulte d’une brèche dans la cloison d’une cale qui contenait encore de l’eau mazouteuse, malgré des opérations de pompage et de dépollution entamées, quelques jours après l’échouement.

Causes de l’accident

  • Le navire s’est échoué suite à une perte de puissance et aux mauvaises conditions de mer, au cœur du passage du cyclone Batsirai dans l’océan Indien. La présence de ce navire aussi proche des côtes au cours de cet épisode météorologique pourtant connu 72 heures en amont interroge.
  • L’absence de réactivité de l’armateur mauricien, tant dans la phase précédent l’échouement que dans les opérations de secours ainsi que le manque d’expérience de l’équipage sont des facteurs potentiellement aggravants qui sont en cours d’investigation par le BEA mer.

Type de pollution

  • Pollution par hydrocarbure : déversement du fioul de propulsion du navire (au maximum 8 000 L) sur une zone très difficile d’accès et présence de boulettes de fioul sur le littoral dans un rayon de plus de 25 km autour de l’épave.

Principaux enjeux

Environnementaux

  • Atteinte des milieux naturels marins et littoraux (faune et flore)
  • Risque de déversement supplémentaire d’impompables et surtout le risque de dislocation de l’épave sont des enjeux considérables

Economiques

  • Coûts pour l’Etat importants en raison du lieu de l’échouement ainsi que la complexité des opérations de pompage, sans parler des opérations à venir pour libérer le littoral de l’emprise du navire encore encastré dans les roches volcaniques.

Juridiques

  • Procédures de recouvrement des coûts seront certainement longues et complexes avec un armateur peu fiable et peu solvable.
  • Procédures en cours de la part des Etats français et mauricien pour déterminer le niveau de responsabilité de l’armateur, du capitaine du navire et de l’Etat du pavillon.

Enjeux et intérêts pour Vigipol

  • Rappelle que les côtes françaises, en outremer tout comme en métropole, restent vulnérables aux pollutions engendrées par le transport maritime, aggravé par les phénomènes météorologiques de plus en plus extrêmes en raison du changement climatique.
  • La détermination des responsabilités entre l’Etat français et l’armateur pose question : il aura fallu plus de dix jours à l’État pour déclencher le plan POLMAR et engager des moyens de dépollution suite aux mises en demeures infructueuses auprès de l’armateur.
  • Les déclarations rassurantes de l’État au lendemain de l’accident interrogent sur l’analyse initiale des risques et la mise en place effective de moyens proportionnés au risque de pollution. Les suites juridiques de cet accident seront intéressantes à suivre pour Vigipol, d’autant plus que cet évènement s’est produit sur le littoral français.
  • Le devenir de l’épave est aujourd’hui un enjeu majeur dans la gestion de cet accident et la phase de « retour à la normale ». Les options techniques, la prise en charge financière, le calendrier ainsi que les conséquences environnementales des opérations de retrait de l’épave sont autant d’interrogations auxquelles des réponses rapides doivent être apportées. La gestion de l’épave du Tresta Star s’installera probablement dans la durée, avec des opérations de démantèlement complexes.
  • Les conséquences auraient pu être plus dramatiques encore si les cales du pétrolier avaient été pleines : Quelles actions auraient alors pu être prises par l’Etat ? par l’armateur ? Force est de constater que les opérations de dépollution ont été fastidieuses pour pomper le peu fioul de propulsion présent à bord du Tresta Star. Si les cales avaient été pleines, cela aurait très probablement engendré une pollution d’ampleur et aux conséquences désastreuses sur le littoral sensible de l’île de la Réunion.

Pour plus d’informations :

Incendie et naufrage du Felicity Ace (au large des Açores)
Février 2022

Rappel des faits

  • 16.02.2022 : Un incendie se déclare à bord du Felicity Ace, transporteur de voitures chargé de 4 000 véhicules de luxe pour un montant estimé à plus de 155 millions de dollars) alors qu’il fait route d’Emden (Allemagne) vers North Kingston (côte Est des Etats-Unis). Envoi d’un signal de détresse suite à un début d’incendie constaté dans une des cales.
  • 18.02.2022 : Les 22 membres d’équipage sont secourus et sont sains et saufs sous la supervision de la marine Portugaise. L’armateur du navire mandate la société Smit Salvage pour organiser les opérations de sauvetage du navire et mobiliser des moyens de remorquage adéquats. Deux remorqueurs sont ainsi affrétés et arrivent respectivement sur zone le 21 février et 23 février.
  • 21.02.2022 : Le navire est stable et aucune pollution n’est constatée même s’il est gravement endommagé par les flammes. L’incendie s’est propagé dans les ponts garages et a brûlé la coque sur toute sa longueur.
  • 24.02.2022 : Hélitreuillage par l’armée de l’Air portugaise d’une équipe de sauvetage à bord du roulier et passage d’une remorque avec le remorqueur Bear. Accompagnement du convoi par trois autres remorqueurs (ALP Guard, Dian Kingdom et VB Hispania) et un patrouilleur de la Marine portugaise, le Setúbal.
  • 01.03.2022 : La Marine portugaise et MOL annoncent que le navire a sombré durant son remorquage (perte de stabilité) par 3 000 mètres de fond au large de l’archipel des Açores à environ 25 miles nautiques (46 km) de la ZEE portugaise.  La Marine indique avoir observé « quelques débris et une petite nappe de résidus huileux » ensuite « dispersés par les jets d’eau des remorqueurs ». La surveillance de la zone se poursuit grâce à un avion de la Marine et le patrouilleur Setúbal de la Marine portugaise.

Causes de l’accident

Bien que la phase d’investigation soit toujours en cours, les premiers éléments indiquent que des batteries au lithium (issues des véhicules transportés par le Felicity Ace) pourraient être à l’origine du sinistre.

Type de pollution

  • Pollution atmosphérique : fumée de l’incendie du navire
  • Pollution chimique du milieu marin suite au naufrage du navire et de l’ensemble de sa cargaison par 3 000 m de fond (4 000 véhicules)
  • Pollution par hydrocarbures : fioul de propulsion du navire

Principaux enjeux

Environnementaux

  • Dégradation des milieux naturels marins
  • Intoxication de la faune et de la flore marine

Economiques

  • Pour les propriétaires des 4 000 véhicules de luxe transportés : des estimations complémentaires de la société d’analyse Russell mentionnent une merchandise à bord d’une valeur de 438 millions de dollars dont 401 millions de dollars de voitures (155 millions de dollars pour le seul groupe Volkswagen).

Juridiques

  • Enquête pour déterminer les causes de l’incendie et confirmer ou non si le feu s’est déclenché à partir de batteries lithium-ion équipant des véhicules transportés. 
  • Le navire ayant sombré dans les eaux internationales par 3 000 m de fond, il est probable qu’aucune action immédiate ne soit engagée. Pour autant, le navire ainsi que sa cargaison demeurent une source de pollution importante et des rejets ne sont pas à exclure. Ils seront d’autant plus complexes à identifier qu’aucun Etat ne va assurer la surveillance de la zone.
  • Une probable bataille assurentielle s’ouvrira pour déterminer la ou les personnes responsables de dédommager les propriétaires des marchandises coulées.

Enjeux et intérêts pour Vigipol

  • Mise en lumière des risques d’incendie à bord des navires rouliers et des faibles moyens disponibles pour lutter contre ce type de sinistre
    • Comme ce fut déjà le cas à plusieurs reprises sur des événements de ce type, le risque de combustion spontanée des batteries au lithium semble à l’origine du sinistre. Ces dernières sont capables de reprendre feu quelques semaines après avoir été éteintes, et dégagent un flux thermique extrêmement important et une chaleur intense dépassant 1000 °C ;
    • Le risque de pollution engendré par ces batteries récentes au lithium reste largement méconnu, notamment le comportement de ces composants dans un environnement sous-marin et l’impact potentiel sur l’écosystème marin.
  • Enfin, la trajectoire du Bear, en charge du remorquage du Felicity Ace interroge sur une éventuelle décision d’éloigner l’épave le plus possible de l’archipel des Açores. Au moment du naufrage, le navire se trouvait à peine à 46 km à l’extérieur de la Zone Economique Exclusive portugaise. La gestion de la pollution engendrée par ce navire et sa cargaison qui gît aujourd’hui à plus de 3 000 m de fond reste sans réponse à ce jour.

Pour plus d’informations :

Perte de quatre conteneurs du Wec Van Eyck (Nord du DST d’Ouessant)
Février 2022

Rappel des faits

  • 16.02.2022 : Le Wec Van Eyck, battant pavillon chypriote, en provenance de Londres et à destination de Bilbao (Espagne), alors à 42 milles nautiques au Nord – Nord-Ouest d’Ouessant, signale au CROSS Corsen la perte de 4 conteneurs à la mer :
    • Le CROSS engage un avion des Douanes pour évaluer la situation : confirme la stabilité du navire et de son chargement, pas de localisation des conteneurs perdus en mer.
    • La préfecture maritime de l’Atlantique émet un AVURNAV pour appeler à la vigilance en mer
  • 17.02.2022 : Second vol de surveillance au cours duquel deux des quatre conteneurs perdus sont relocalisés à 59 km au Nord d’Ouessant. La préfecture maritime de l’Atlantique met l’armateur en demeure :
    • de faire cesser le danger pour la navigation 
    • de procéder à la récupération des deux conteneurs à la dérive 
    • de relocaliser dans les meilleurs délais les deux autres conteneurs perdus 
  • Entre le 25 février et le 1er mars : échouages importants de produits du groupe Lidl sur la côte Ouest du Cotentin et les plages des îles anglo-normandes (Guernesey et Jersey), de nombreux signalements sont faits sur les réseaux sociaux et auprès du CROSS Jobourg.
  • 02.03.2022 : L’association ANSEL informe Vigipol de signalements sur leur page Facebook (« Réseau d’Observation d’Echouage de Déchets en Atlantique ») d’arrivages importants de marchandises diverses (déodorants, brosses à dents, désodorisants WC, gâteaux apéritifs, etc.) en très bon état sur la même zone.
    • Vigipol prend alors contact avec le CROSS Jobourg pour alerter et connaître l’origine de cette pollution ainsi que les mesures appropriées ;
    • Le CROSS Jobourg confirme que la marchandise provient bien des quatre conteneurs perdus en mer par le Wec Van Eyck et que les conteneurs sont toujours en cours de relocalisation. Il n’y a pas de produits dangereux dans les conteneurs. Trois des quatre conteneurs perdus ont été relocalisés ce jour par un avion Falcon 50 de la Marine nationale.
  • 03.03.2022 : Le bâtiment de soutien et d’assistance Argonaute, affrété par la Marine nationale, appareille pour prendre en remorque les conteneurs à la dérive, qui sont ensuite remorqués vers la rade de Cherbourg.
  • 04.03.2022 : Réponse de Lidl France suite aux sollicitations de l’association ANSEL et de Barbara Pompili, Ministre de la Transition Ecologique sur Twitter :
Capture du tweet de Lidl France en réponse aux nombreux arrivages
  • 06.03.2022 : Arrivée du convoi « Argonaute + conteneurs » à Cherbourg :
    • Le traitement des conteneurs sera intégralement pris en charge par l’armateur ;
    • Deux conteneurs contiennent de la glycérine (déposés directement à quai) tandis que le troisième contient du gaz réfrigérant liquéfié, inerte dans l’eau (placé en attente au coffre de la Marine nationale dans la rade de Cherbourg avec une interdiction de navigation de 250 m autour de celui-ci pour éviter tout risque de collision).

Causes de l’accident

La perte de conteneurs est certainement due aux mauvaises conditions de navigation liée à la tempête Eunice (Vent de secteur Ouest de force 6 – Mer 6 (forte). En effet, en cas de conditions de navigation difficiles, les rangées de conteneurs peuvent être déstabilisées et se détacher sous l’effet du « roulis » paramétrique.

Type de pollution

  • Pollution plastique : l’un des conteneurs perdu en mer s’est probablement ouvert en déversant ses marchandises en plastiques (qui ont ont dérivé vers les côtes situées entre l’Ouest Cotentin et les îles anglo-normandes. Il est probable que le conteneur ait ensuite coulé.
  • Pollution chimique du milieu marin suite au déversement des produits contenus dans les marchandises et notamment les produits d’hygiène et d’entretien (déodorants, démaquillants, désodorisants WC, etc.).

Principaux enjeux

Environnementaux

  • Dégradation des milieux naturel
  • Intoxication de la faune qui peut ingérer les déchets plastiques

Economiques

  • Coût pour les communes qui doivent ramasser et récupérer les marchandises échouées (souvent déposées dans les bacs à marée par les particuliers) et le surcoût lié au traitement des déchets collectés
Signalements sur Facebook d’un échouage important de produits Lidl sur les côtes du Cotentin et des îles anglo-normandes, Février-Mars 2022 (Page Facebook « Réseau d’Observation d’Echouage de Déchets en Atlantique »)

Enjeux et intérêts pour Vigipol

  • Cet incident rappelle que les pertes de cargaison sont toujours d’actualité au large des côtes. La Manche est une zone de navigation qui peut être parfois difficile (météo, houle, densité du trafic, etc.).
  • Il montre aussi qu’un déversement de cargaison loin des côtes (ici à près de 70 km d’Ouessant) a un impact beaucoup plus important puisque les échouements concernent une zone très étendue (ici des côtes du Cotentin aux îles anglo-normandes).
  • En fonction du type de marchandises transportées (produits chimiques explosifs, matériels de santé usagers, etc.), les risques peuvent être plus ou moins grands pour la santé de la population et des intervenants, pour l’environnement ou encore pour les activités.
  • Il met en évidence l’intérêt de mettre en réseau des acteurs amenés à constater des arrivages en mer et/ou sur le littoral pour identifier des pollutions en cours. Dans le cas présent, les échanges entre l’ANSEL et Vigipol ont permis de recouper les signalements de particuliers publiés sur les réseaux sociaux, d’échanger avec le CROSS Jobourg, d’identifier l’origine de la pollution et de faire une estimation de l’ampleur du phénomène.

Pour plus d’informations :

Incendie à bord de l’Euroferry Olympia (Grèce)
Février 2022

Rappel des faits

  • 18.02.2022 : Le ferry de la compagnie italienne Grimaldi, en route pour Brindisi en Italie s’embrase à l’aube, deux heures après son départ du port grec d’Igoumenitsa, avec 290 personnes, dont 51 membres d’équipage, enregistrées à bord. Il transporte 153 camions, 32 voitures, 290 passagers (dont 51 membres d’équipages). Par ailleurs le navire transporte 800 m³ de fioul dans ses soutes et 23 tonnes de « produits dangereux corrosifs », selon le ministère italien de l’Environnement.
  • 19.02.2022 : Les sauveteurs luttent contre l’incendie qui fait rage sur le navire depuis 24 heures à 50 km au large de l’île grecque de Corfou. Aucune intervention à bord n’est possible en raison des forts vents qui attisent le brasier et des explosions sporadiques à bord. Aidés d’un hélicoptère, d’une frégate, de six remorqueurs et d’un vaisseau de lutte contre les incendies, plongeurs et pompiers quadrillent la zone de la catastrophe, espérant retrouver douze chauffeurs-routiers qui manquent à l’appel.
  • 23.02.2022 : L’incendie est éteint à bord du navire. Ce dernier est pris en remorque sur 230 km et emmené à quai au port d’Astakos, sur la côte Sud-Ouest de la Grèce.
  • 25.02.2022 : Le bilan est de 8 morts et 3 disparus selon les garde-côtes grecs. Parmi les 281 rescapés – 230 passagers et 51 membres d’équipage – figurent aussi deux migrants afghans qui n’étaient pas été enregistrés sur la liste des passagers, laissant craindre que d’autres personnes aient pu embarquer sans être recensées. Aucune pollution n’est constatée en mer suite à l’incendie.

Causes de l’accident

Selon la compagnie et plusieurs sources concordantes, l’incendie serait parti d’un camion, dans une cale réservée aux véhicules. Le ferry transportait 153 camions et 32 voitures, selon le groupe Grimaldi. Par ailleurs, le navire avait passé avec succès une visite de contrôle le 16 février 2022.

Type de pollution

  • Pollution atmosphérique : fumée de l’incendie.

Principaux enjeux

Humains

  • Le bilan humain est dramatique avec 8 morts et 3 disparus. Il aura fallu six jours pour maîtriser l’incendie et ramener le navire à quai et plus encore pour renseigner le bilan humain.

Environnementaux

  • Aucune pollution n’a officiellement été reconnue suite à l’incendie. Le navire ayant pu être remorqué jusqu’au port, les opérations de démantèlement vont pouvoir débuter.

Juridiques

  • Le capitaine et deux ingénieurs de l’Euroferry Olympia ont été arrêtés et présentés devant le Procureur, qui a déjà ordonné une enquête préliminaire pour déterminer les causes de l’incendie et déterminer les suites judiciaires.
  • La famille du routier grec, première victime de l’incendie, a porté plainte contre la compagnie italienne Grimaldi, propriétaire du ferry, « tenue responsable » de l’incendie, a indiqué leur avocat.

Enjeux et intérêts pour Vigipol

  • Cet accident soulève une nouvelle fois des questions en matière de respect des réglementations de navigation en vigueur. En effet, les premiers éléments de l’enquête établissent que plusieurs passagers (chauffeurs, migrants) se trouvaient dans les garages au moment de l’incendie alors que cette partie du bateau est interdite tout au long de la traversée. Des suspicions de surchargement sont aussi formulées à l’encontre de l’entreprise Grimaldi.
  • Enfin, une nouvelle fois un navire de la flotte Grimaldi subit un incendie majeur, après le Grande America en mars 2019 et le Grande Europa en mai 2019. Les autres navires de la flotte sont donc particulièrement à surveiller.

Pour plus d’informations :

Fuite d’hydrocarbures au niveau du terminal flottant de la raffinerie de La Pampilla (Pérou)
Janvier 2022

Rappel des faits

  • 15.01.2022 : L’accident intervient lors du déchargement du pétrole brut. Alors que le supertanker Mare Doricum est amarré à un appontement de la raffinerie de La Pampilla, au Nord de Lima, il subit une forte houle, conséquence de la récente éruption volcanique aux îles Tonga. Les mouvements du navire entraînent une fuite au niveau de la ligne de chargement. Le volume perdu est estimé à 6 000 barils (un peu moins de 1 000 m3).
  • 21.01.2022 : le Gouvernement péruvien déclare 90 jours « d’urgence environnementale » pour la zone côtière touchée.
  • 24.01.2022 : les autorités péruviennes font appel à l’assistance internationale, en sollicitant le conseil d’experts. Une équipe d’experts internationaux coordonnée par l’ONU est déployée du 25 janvier au 8 février pour appuyer le Gouvernement péruvien[1]. La justice péruvienne ouvre une enquête pour pollution environnementale contre les responsables de la raffinerie qui risquent jusqu’à 34,5 millions de dollars d’amende. [1] Rapport disponible : Peru: Environmental Emergency – After the Spill (as of 24 February 2022) (reliefweb.int)
  • 26.01.2022 : une deuxième pollution survenue dans la même raffinerie et estimée à 8 barils (1 300 litres) s’est produite sur un oléoduc lors d’opérations de réparation.
  • 04.02.2022 : La compagnie pétrolière espagnole Repsol s’engage à terminer en mars les opérations de nettoyage des côtes péruviennes souillées. Le dispositif opérationnel atteint près de 3 000 personnes, dont 2 400 à terre, 500 en mer et 90 dans le centre lui-même selon Repsol. La même source indique que 32 % du pétrole a été récupéré.
  • Début mars : Le navire est toujours sous surveillance des garde-côtes péruviens et ne sera pas autorisé à reprendre la mer avant la fin de l’enquête en cours par les autorités.

Causes de l’accident

La houle provoquée par l’éruption sous-marine aurait engendré la rupture du pipeline reliant le navire et la raffinerie de la Pampilla. La raffinerie rejette la responsabilité de l’accident sur la forte houle présente en mer ce jour-là après la puissante éruption volcanique aux îles Tonga qui a provoqué un tsunami dans le Pacifique. Les responsables de Repsol affirment que les autorités maritimes péruviennes n’avaient pas émis d’alerte.

Type de pollution

  • Pollution aux hydrocarbures : pétrole brut.

Principaux enjeux

Humains

  • Le bilan humain est dramatique avec 8 morts et 3 disparus. Il aura fallu six jours pour maîtriser l’incendie et ramener le navire à quai et plus encore pour renseigner le bilan humain.

Environnementaux

  • Une surface de plus de 1 000 hectares (à terre et en mer) a été directement touchée par le déversement dont 512 hectares d’aires naturelles protégées abritant de nombreuses espèces directement impactées par la pollution
  • Plus de 50 km de linéaire côtier sont impactés
  • 21 plages touchées
  • mort de milliers de poissons et d’oiseaux marins

Economiques

  • cDes centaines de pêcheurs artisanaux au chômage ;
  • En plein milieu de l’été austral, le secteur touristique de la zone est également touché de plein fouet ;
  • Selon le Gouvernement péruvien, au moins 5 000 personnes (dont 2 000 pêcheurs) ont été directement touchées par le déversement accidentel du pétrole ;
  • Début février, le Ministre du Commerce extérieur et du Tourisme, Roberto Sanchez, a évalué samedi les pertes économiques à plus de 50 millions de dollars, tous secteurs confondus.

Enjeux et intérêts pour Vigipol

  • La multiplication des phénomènes climatiques extrêmes ces dernières années et leurs impacts de plus en plus violents doivent nous alerter sur les conséquences directes qu’un événement extrême au large des côtes françaises pourrait avoir sur des terminaux pétroliers ;
  • De nombreuses installations sensibles et polluantes sont présentes sur le littoral français et les conséquences d’une pollution majeure sur ces installations seraient extrêmement importantes. Cela rappelle le besoin de préparation et la mise en place de plans spécifiques prenant en compte ces risques émergents.

Pour plus d’informations :

Incendie à bord du Zim Kingston (Canada)
Novembre 2021

Rappel des faits

  • 22.10.2021 : un incendie se déclare à bord du porte-conteneurs sur 10 conteneurs. Le porte-conteneurs transporte plus de 52 tonnes de produits chimiques ce qui rend impossible la pulvérisation d’eau directement sur l’incendie.
  • 24.10.2021 : 16 membres d’équipages sont évacués. Seuls quelques personnels clés restent sur le navire.
  • 27.10.2021 : l’incendie est maitrisé avec la montée à bord de marins pompiers.
  • 29.10.2021 : la phase d’investigation commence avec la montée à bord des inspecteurs canadiens pour procéder à une inspection de conformité en matière de sécurité maritime. Les résultats sont en cours d’examen par le ministère des transports canadien.
  • 22.11.2021 : le Zim Kingston reste immobilisé au mouillage à Constance Bank, Victoria. La décision de procéder au transit sera déterminée par le capitaine du navire et le pilote maritime assigné par le Gouvernement de Colombie-Britannique.

Causes de l’accident

Les autorités canadiennes indiquent que la cause de l’incendie est encore indéterminée (vraisemblablement issu d’une combustion spontanée). Le foyer aurait été entretenu par des conteneurs de pneus.

Type de pollution

  • Pollution atmosphérique : fumée de l’incendie des conteneurs ;
  • Perte de 109 conteneurs en mer et dispersion des marchandises contenues (2 conteneurs de marchandises dangereuses -xanthate amylique de potassium-, réfrigérateurs neufs, des jouets, des chaussures, des tapis de yoga).

Principaux enjeux

Humains

  • Le bilan humain est dramatique avec 8 morts et 3 disparus. Il aura fallu six jours pour maîtriser l’incendie et ramener le navire à quai et plus encore pour renseigner le bilan humain.

Environnementaux

  • Perte de matières dangereuses dans l’environnement ;
  • 105 conteneurs non retrouvés qui ont très probablement coulé à proximité des côtes sauvages de l’île de Victoria avec leur contenu ;
  • Echouement de 4 conteneurs sur le rivage au niveau du Cape Scott (à 400 km au Nord-Ouest de la position du Zim Kingston), une zone sauvage isolée à la pointe Nord-Ouest de l’île de Vancouver ;
  • la cargaison s’est répandue sur le littoral dans une zone peu accessible ou les opérations d’hélitreuillage des déchets et débris sont complexes.

Economiques

  • Coût d’enlèvement des débris et déchets par hélitreuillage et de dépollution dans des zones difficiles d’accès très onéreux.

Enjeux et intérêts pour Vigipol

  • L’accident du Zim Kingston, comme celui du X-press Pearl, n’est pas sans rappeler l’incendie qui s’était déclaré sur le Grande America en mars 2019 et qui avait engendré son naufrage à 300 kilomètres des côtes finistériennes.
  • Ces accidents ne sont pas rares et leurs conséquences sont désastreuses. La lutte contre un incendie à bord de navires de plus en plus grand et transportant toujours plus de substances dangereuses devient un enjeu majeur pour garantir la sécurité à bord et empêcher que ce type de catastrophe se reproduise.
  • Par ailleurs, l’accident du Zim Kingston rappelle combien il est important de solliciter rapidement l’armateur du navire pour assurer la prise en charge immédiate des opérations de dépollution. Dans le cas du Zim Kingston où les conteneurs se sont échoués dans des zones extrêmement difficiles d’accès qui nécessitent la mise à disposition de moyens aériens conséquents pour assurer l’enlèvement des débris ainsi que de nombreux moyens humains, les coûts de dépollution deviennent extrêmement onéreux et leur prise en charge par le pollueur devient alors cruciale car les communes littorales n’ont pas les moyens financiers et matériels pour assurer des opérations de cette ampleur.

Pour plus d’informations :

Fuite de l’oléoduc d’Amplify Energy Corp (Etats-Unis, Californie)
Septembre 2021

Rappel des faits

  • Dans la nuit du 01.10 au 02.10.2021 : un bateau stationné dans la baie de San Pedro notifie aux garde-côtes une nappe en surface. Ce n’est que le lendemain après-midi que l’origine de la fuite est identifiée en provenance d’un oléoduc d’Amplify Energy Corp. qui datent d’une quarantaine d’années et situé à environ 8 km de la côte, au Sud de Los Angeles (Californie).
  • 02.10.2021 au soir : les premiers arrivages d’hydrocarbure à la côte sont constatés sur la plage très touristique de Huntington Beach et s’étendent rapidement aux communes voisines de Laguna Beach et Newport Beach et jusqu’à la réserve écologique du Marais de Talbert au Sud :
    • Annulations par les autorités d’un spectacle aérien à Huntington Beach, du Pacific Airshow (le 2 et 3 octobre), évènement majeur qui draine des milliers de visiteurs, pour permettre un accès complet et sans entraves à l’environnement marin ;
    • Arrêt du tronçon de l’oléoduc supposé être à l’origine de la fuite : Cet oléoduc relie la plateforme pétrolière offshore « Elly » vers la station de pompage et de stockage de pétrole « Beta pump » située à Long Beach.     
  • 04.10.2021 : le Gouverneur de Californie, Gavin Newsom, proclame l’état d’urgence[1] dans le comté d’Orange pour faciliter les opérations d’urgence suite à l’arrivée du pétrole à la côte :
    • Les vents et les courants maintiennent une bonne partie des hydrocarbures en mer ; il faudra attendre le 15 octobre pour que plus aucune trace de pétrole ne soit constatée au large des côtes californiennes.

[1] La déclaration d’état d’urgence libère du personnel, de l’équipement et des installations de l’État pour aider à nettoyer le déversement et minimiser tout impact supplémentaire sur l’environnement. Il permet également aux organismes d’État d’acheter plus rapidement des matériaux, des biens et des services pour aider à la réponse et au rétablissement.

Causes de l’accident

Les garde-côtes déclarent que des plongeurs ont constaté qu’une section de 1 219 m du pipeline avait été « déplacée latéralement » d’environ 32 m. Elle est pliée « comme une corde d’arc », une ancre de navire pourrait avoir causée la brèche dans le pipeline (hypothèse toujours en cours d’investigation au 19 novembre 2021).

Dans leur communiqué du samedi 16 octobre, les garde-côtes déclarent qu’une enquête a déterminé que le porte-conteneurs MSC Danit pourrait être impliqué dans l’incident. « Lors d’un événement météorologique violent » qui a touché les ports de Long Beach et de Los Angeles en janvier 2021, il avait châssé sur son ancre et franchi à plusieurs reprises le pipeline.

L’impact aurait fait tomber un boîtier en béton du tuyau et l’aurait tiré de plus de 30 m, se pliant mais ne brisant pas la ligne, a déclaré le garde-côte en charge de l’enquête, Sondra Kay Kneen.

Type de pollution

  • Pollution aux hydrocarbures : L’écoulement est estimé à 530 000 litres, soit l’équivalent de 3 000 barils de pétrole. On estime que la nappe couvre une superficie de près de 34 km² et plus de 100 km de littoral ont été affectés.

Principaux enjeux

Environnementaux

  • plus de 100 km de littoral touchés dans les comtés d’Orange et de San Diego ;
  • Le pétrole s’est infiltré dans les marais de Talbert, Brookhurst et Magnolia sur une superficie de plus de 10 hectares ;
  • Une cinquantaine d’animaux, principalement des oiseaux et des poissons, ont été retrouvés morts depuis le déversement, bien que tous n’aient pas été visiblement mazoutés, selon le Oiled Wildlife Care Networ.

Economiques

  • Les villes de Newport Beach et Laguna Beach, aussi affectées par la pollution, ont toutes dû fermer l’accès à leur plage et interdire les activités de pêche (jusqu’au 11 octobre) ;
  • L’annulation du spectacle aérien ainsi que la fermeture des plages ont eu un impact économique non négligeable pour cette région littorale qui vit en grande partie du tourisme ;
  • Impacts sur les activités qui opèrent le long du littoral : écoles de surf, restaurants, tourisme et la pêche commerciale.

Juridiques

  • « Banzai Surf School » est la première structure à lancer une poursuite judiciaire contre Amplify Energy Corp. et ses filiales au nom des activités qui opèrent le long du littoral, y compris les restaurants, le tourisme et la pêche commerciale.

Enjeux et intérêts pour Vigipol

  • Le littoral français n’est pas directement concerné par le risque lié à l’extraction pétrolière à proximité des côtes. Cependant, les conséquences de l’intensification du transport maritime, notamment de matières dangereuses au large des côtes françaises reste une menace permanente.
  • Aux Etats Unis, les questions de responsabilités et compétences administratives entre les différents échelons territoriaux rendent extrêmement complexe l’évolution législative et règlementaire autour de l’exploitation pétrolière et complexifient d’autant les phases de gestion de crise post catastrophe, des opérations de secours jusqu’à l’indemnisation des victimes.
  • Cela renforce l’idée que la gestion des pollutions maritimes se doit d’intégrer une réflexion globale entre les différents acteurs territoriaux et nationaux, en mer comme à terre en vue de diminuer autant que possible l’exposition au risque en amont mais aussi d’assurer une complémentarité optimale des différents échelons d’acteurs impliqués dans la gestion d’une pollution maritime.

    Pour plus d’informations :

    Incendie et naufrage du X-Press Pearl (Sri Lanka)
    Mai 2021

    Rappel des faits

    • 20.05.2021 : un incendie de conteneurs se déclare à bord du X-Press Pearl[1], au mouillage près de Colombo (Sri Lanka). Ce porte-conteneurs transporte 1 486 conteneurs dont certains contiennent 25 tonnes d’acide nitrique, de la soude caustique et autres produits chimiques. L’incendie ne pouvant être maîtrisé, l’équipage et les 12 pompiers montés à bord sont contraints d’abandonner le navire, deux marins sont blessés.

    D’importants moyens extérieurs d’assistance et de lutte contre l’incendie sont déployés par les autorités sri-lankaises et indiennes, dont un avion chargé de larguer un agent chimique d’extinction sur la cargaison en feu.

    • 25.05.2021 : malgré ces interventions, le X-Press Pearl est secoué par une explosion. Les intervenants ne peuvent contenir l’incendie. Le navire est ravagé par les flammes. Une pollution est à craindre sachant que les soutes contiennent environ 278 tonnes de fioul et 50 tonnes de gazole ainsi que plusieurs tonnes d’huile de réfrigération.
    • 27.05.2021 : persistance de l’incendie attisé par les vents forts entraînant la chute de nombreux conteneurs à la mer dont 8 conteneurs contenant des granulés de plastique.
      • Arrivages de déchets à la côte, sur près de 200 km à l’Ouest et au Sud de l’île et de millions de billes de plastique formant des couches allant jusqu’à 60 cm de haut.
      • Mobilisation de près de 1 000 militaires pour nettoyer les plages et interdiction de la pêche sur 80 km le long de la côte Ouest de l’île.
    • 02.06.2021 : perte totale du navire et déclaration d’avarie commune.

    Malgré l’embarquement de sauveteurs à bord du X-Press Pearl pour fixer un câble de remorque, les efforts pour déplacer le navire vers des eaux plus profondes échouent.

    Le navire est partiellement immergé après avoir touché le fond marin, ce qui laisse craindre un risque élevé de pollution.

    • 17.06.2021 : le navire coule. La partie arrière repose sur le fond par 21 m. Au moment de sombrer, de la fumée s’échappe encore des cales.

    [1] Pavillon de Singapour – Propriété de l’armateur singapourien X-Press feeders – livré en février 2021 par le chantier Zhoushan Changhong international (Chine)

    Cause de l’accident

    Une fuite d’acide nitrique à bord du navire, détectée en mer d’Oman dès le 11 mai, serait à l’origine de l’incendie. Le capitaine avait alors contacté le port d’Hazira (Inde) et Hamad (Qatar), pour demander le déchargement des conteneurs d’où fuyait de l’acide, demande qui lui a été refusée[1] au motif qu’il n’y avait pas d’installation de traitement spécialisée ou d’expertise immédiatement disponibles pour s’occuper de l’acide.


    [1] Sources : FleetMon Maritime News – Accidents – Mer & Marine – Gaël Cogné – 27 mai 2021

    Type de pollution

    • Pollution plastique : échouage de débris divers ainsi que des millions de granulés de polyéthylène destinés à l’industrie de l’emballage provenant de 8 conteneurs tombés à la mer qui se sont retrouvés sur le littoral mélangées à du pétrole brulé.
    • Pollution chimique : Menace sérieuse pour les eaux peu profondes de cette région puisque des images aériennes ont montré une couche de substance verte recouvrant l’océan autour du navire. De plus, une forte inquiétude persiste concernant les 9 800 tonnes de résine époxy restés à bord du navire avec risque de circulation en mer s’il est sous forme liquide.

    Principaux enjeux

    Environnementaux

    • Plus de 53 000 sacs de déchets mélangés à du sable ainsi que 650 tonnes de billes de plastique qui ont été collectés
    • Plus de 80 km de côte sévèrement impactés par les arrivages de plastique
    • Echouement de 176 tortues de mer, 20 dauphins et 4 baleines probablement empoisonnés par les toxines libérées lors de l’incendie
    • Les autorités craignent des dommages à long terme sur la faune marine ainsi qu’au niveau du littoral sri-lankais

    Economiques

    • Pollution de 80 km de plages touristiques, de zones de pêche en eaux peu profondes

    Juridiques

    • Action en justice engagée contre l’armateur par les autorités du Sri Lanka au regard des atteintes à l’environnement provoquées par le déversement à la mer de produits toxiques et de la pollution de près de 80 km de plages touristiques, de zones de pêche en eaux peu profondes, d’écosystèmes fragiles de mangroves et de lagons, proches de Colombo.
    • Action devant la Cour suprême du pays par le Centre pour la justice environnementale (CEJ) qui dénonce le « pire désastre maritime » de l’histoire du Sri Lanka prenant pour cible le propriétaire du porte-conteneurs qui a brûlé au large de Colombo, mais aussi le Gouvernement qui aurait dû être en mesure, selon l’association, d’empêcher ce drame.
    • Les procédures engagées ont déjà permis le versement par l’exploitant du navire et ses assureurs d’une première indemnisation (environ 3 millions d’euros) pour indemniser les victimes dont environ 1,7 millions d’euros sont alloués aux pécheurs locaux. En parallèle, les négociations entre le Gouvernement sri-lankais et les assureurs se poursuivent sur la somme définitive de l’indemnisation.
    • Concernant l’enlèvement de l’épave, le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) a demandé au propriétaire et assureurs du navire d’élaborer un plan de retrait du navire et de récupération des conteneurs en mer. Le 15 novembre 2021, le contrat d’enlèvement de l’épave est remporté par la compagnie de sauvetage maritime Shanghai Salvage.

    Enjeux et intérêts pour Vigipol

    • Le X-Press Pearl n’était pas un « navire poubelle ». Cet accident majeur démontre une fois encore les limites opérationnelles, voire l’inadaptation des moyens de lutte-incendie spécifiques aux porte-conteneurs[1] et rappelle que les conteneurs ne sont pas des contenants autoextinguibles[2]. Ils révèlent au fil du temps leur capacité de destruction (incendies, explosions) par l’instabilité des produits qu’ils sont susceptibles de contenir et les dégâts collatéraux qu’ils peuvent engendrer.
    • Le caractère imprévisible et violent de ce type de sinistre, sa complexité, sont assimilables aux accidents technologiques en milieu industriel et dans le transport terrestre apparentés aux risques Seveso. Actuellement, force est de constater qu’aucune stratégie ni dispositif particulier de sécurité ne sont en mesure de répondre à ce type d’incendie, s’il n’a pas été rapidement maîtrisé.
    • Les incendies à bord des porte-conteneurs demeurent un des principaux sujets de préoccupation de Vigipol en raison, outre les dommages causés à l’environnement, des risques majeurs qu’ils représentent pour les populations si un tel sinistre devait se produire à proximité des côtes.
    • Ces dernières années, la procédure de déclaration d’avarie commune[3] est de plus en plus fréquemment utilisée suite à des accidents impliquant des porte-conteneurs. En effet, le volume et la valeur de la cargaison de ces navires géants entraînent des pertes financières conséquentes en cas d’événement de mer. Ce constat pose la question de la limite assurantielle concernant le transport conteneurisé.

    [1] SOLAS (chapitre II-2) – Code IMDG et Convention STCW sur les normes de formation des gens de mer

    [2] Gateway Containers – Brisbane : Tests effectués aux Pays-Bas (1973) – essais réalisés par l’US Coast Guard (1977) dans le cadre de la Convention CSC

    [3] Selon le Comité d’assureurs maritimes et transports CESAM, l’avarie commune est une « règle propre au droit maritime qui a pour but de partager équitablement, entre les propriétaires du navire et de la cargaison, les dommages et dépenses résultant de mesures prises volontairement et raisonnablement par le capitaine pour le salut commun de l’expédition et qui ont eu un résultat utile ».

    Pour plus d’informations :

    Relargage de l’épave du Tanio
    Mars 2021

    Situation au 11 mars 2021

    Depuis mi-octobre, plus d’une centaine d’oiseaux marins mazoutés se sont échoués sur les côtes bretonnes. Un tel phénomène s’était déjà produit l’hiver dernier. Comme l’an passé, Vigipol a demandé le concours des collectivités et des associations pour recenser le plus précisément possible ces oiseaux et disposer ainsi d’une vue globale de la situation et de son ampleur. Commel’an passé, les analyses réalisées par le Cedre ont identifié l’épave du Tanio comme cause de cette pollution.

    Le pétrolier Tanio s’est cassé en deux le 7 mars 1980 au cours d’une forte tempête. La partie avant du navire a été remorquée vers le port du Havre tandis que la partie arrière sombrait à quelques 25 kilomètres au Nord de l’île de Batz (29). Cette épave gît depuis 40 ans par 80 mètres de fond sans causer de pollution signifi cative pendant de nom-breuses années.

    191 oiseaux mazoutés échoués à la côte depuis le 11 octobre 2020

    Avec 56 communes littorales touchées au 11.02.2021, le phénomène reste d’actualité.

    • 125 en Finistère (65%)
    • 51 en Côtes d’Armor (27%)
    • 12 en Morbihan (7%)
    • 3 dont le lieu de découverte est non précisé (1%)

    Bien que la grande majorité des oiseaux échoués soient retrouvés vivants, plus de la moitié d’entre eux décède après leur prise en charge. Vigipol continue de recenser les oiseaux mazoutés échoués. Merci aux communes,
    associations et particuliers de signaler tout oiseau mazouté retrouvé ou tout autre arrivage de polluant à la côte.

    Marée noire de l’Erika, 20 ans après
    Décembre 2019

    Il y a tout juste 20 ans, le 12 décembre 1999, le pétrolier maltais Erika, brisé en deux, faisait naufrage à quelques dizaines de milles seulement au Sud de la Pointe de Penmarc’h. Sur les 31 000 tonnes de fuel lourd n°2 transportées par le navire, 20 000 se déversèrent en mer. Les 11 000 restant dans l’épave seront pompées entre juin et septembre 2000.

    Le pétrole arriva à la côte le 24 décembre, funeste cadeau de Noël, souillant massivement plus de 400 kilomètres de côtes, du Pays Bigouden (29) à l’île d’Oléron (17). Au cours des premiers mois, des arrivages de pétrole parvinrent régulièrement à la côte, remettant la plupart du temps en cause les efforts de nettoyage déjà entrepris. Les opérations de nettoyage du littoral débutèrent immédiatement et se poursuivirent jusqu’à l’été 2002, tandis que le traitement des déchets dura jusqu’en août 2004.

    Grande America : une illustration concrète au large de la Bretagne du risque d’incendie pointé par Vigipol
    Mars 2019

    Le 10 mars 2019 vers 20h00, le Ro-Ro/Container Ship italien Grande America, de 213 mètres de long, en provenance de Hambourg (Allemagne), à destination de Casablanca (Maroc) est victime d’un incendie de conteneurs dans le Golfe de Gascogne, à environ 142 milles dans le Sud-Ouest de la Pointe de Penmarc’h. 27 personnes se trouvaient à bord (26 membres d’équipage et un passager). L’équipage, évacué, est sain et sauf.

    Le Préfet maritime de l’Atlantique met actuellement en œuvre tous les moyens nécessaires pour maîtriser cet incendie. Les conditions météorologiques sur zone sont dégradées.

    Le navire est suffisamment loin des côtes pour ne pas constituer pour l’instant une menace pour les populations mais suffisamment proche pour que nous soyons concernés au premier chef.

    Cet accident illustre malheureusement très concrètement le risque d’incendie à bord des porte-conteneurs que Vigipol a pointé ces derniers mois dans une analyse détaillée de Yannick Le Manac’h, membre du Pool Experts de Vigipol, et au sujet duquel Vigipol avait interpelé le Préfet maritime.

    Point de situation le 12.03.19 à 18h00

    Le Grande America a coulé cet après-midi à 15h26 par 4 600 mètres de fond, dans le Golfe de Gascogne, à 330 km environ des côtes françaises. Les risques liés à l’incendie sont donc désormais écartés.

    Cependant, des inquiétudes demeurent quant à une éventuelle pollution des eaux autour de l’épave. Plusieurs centaines de conteneurs étaient transportés en pontée, certains contenant des produits dangereux. Une quinzaine de conteneurs sont tombés à l’eau peu avant le naufrage. D’autres pourraient également remonter en surface ou stagner entre deux eaux, des conteneurs frigorifiques en particulier. D’autre part, il conviendra de s’assurer qu’aucun déversement du fuel de propulsion du navire ne survienne. Vigipol reste donc vigilant sur la suite des événements.

    Point de situation le 14.03.19 à 09h00 : Se préparer à gérer des arrivages à la côte

    Lorsque le Grande America a coulé mardi 12.03 après-midi, il transportait 365 conteneurs (dont 45 de produits dangereux), 2 000 voitures et 2 200 tonnes de fioul lourd pour sa propulsion. Les survols de la zone conduits mercredi après-midi ont fait état d’une nappe d’hydrocarbures de 10 km de long sur 1 km de large. Le Préfet maritime a déployé sur zone des moyens de lutte antipollution mais les conditions météo actuellement très mauvaises entravent les possibilités de récupération du polluant en mer. Les prévisions de dérive sont en cours. La zone menacée pour l’instant serait la Charente-Maritime où de premiers arrivages d’hydrocarbures pourraient être constatés dimanche soir ou lundi.

    Les côtes bretonnes ne sont pour l’heure pas menacées. Cependant, compte-tenu de la localisation de l’épave, toute la façade maritime est menacée à plus ou moins brève échéance, dans les semaines à venir, au gré des vents et des courants. En effet, il est possible qu’avec la pression les cuves du navire finissent par se fissurer, relâchant ainsi sporadiquement au fil du temps des hydrocarbures. Les Ouessantins se souviennent du Peter Sif. Quant aux conteneurs et aux marchandises qu’ils contiennent, une part errera sans doute en mer avant de venir s’échouer à la côte. Des arrivages sur le littoral semblent donc inéluctables à la fois de marchandises et/ou morceaux de conteneurs et de boulettes d’hydrocarbures pendant des semaines voire des mois. En cas d’arrivages épars et répétés, les communes littorales seront en première ligne.

    Pollution en Pays d’Iroise (29), juin 2015

    Le 2 juin 2015, Vigipol est alerté de l’arrivage de boulettes blanchâtres solides sur son littoral. Il s’avère que la pollution s’étend de Lampaul-Plouarzel à la baie d’Audierne. Vigipol s’est immédiatement mobilisé pour apporter son expertise et conseiller ses adhérents.

    Le littoral de la Communauté de communes du Pays d’Iroise (CCPI) étant particulièrement touché, les services intercommunaux ont sollicité l’aide de Vigipol sur la conduite à tenir face à cet événement. Depuis lors, Vigipol assiste la communauté de communes dans la gestion de la pollution et est en lien permanent avec les services de l’État impliqués (préfecture maritime de l’Atlantique, préfectures du Finistère et des Côtes-d’Armor). Dans le cadre de sa mission de défense des intérêts de ses adhérents, Vigipol travaille en parallèle sur les questions juridiques et financières afin de conseiller au mieux les communes sur les outils à leur disposition.

    Chronologie de la crise

    Vendredi 5 juin 2015

    La pollution est essentiellement concentrée sur le territoire de la CCPI. Les quantités de polluant recensées à Camaret et en baie d’Audierne restent, à ce jour, très limitées.

    La Communauté de communes a décidé de prendre en charge le stockage, l’évacuation & le traitement des déchets. Des bennes sont mises à disposition des communes dans les déchetteries pour collecter les déchets ramassés.
    Suite aux résultats des analyses du Cedre, les maires décident de lever les arrêtés de fermetures des sites et font procéder au nettoyage de leur littoral.

    En parallèle, une reconnaissance aérienne a localisé une nappe de polluant en mer entre la Pointe de Penmarc’h et Le Guilvinec. De nouvelles zones risquent donc d’être polluées dans les prochains jours en Finistère sud. Cette menace est levée en fin de journée suite à un deuxième survol qui conclut à la probable dispersion de la nappe.

    Les opérations de nettoyage des sites pollués réalisées par les communes ont permis de récupérer la grande majorité du polluant. Si aucun autre arrivage ne survient, seules quelques opérations ponctuelles de nettoyage seront nécessaires la semaine prochaine.

    Rôle de Vigipol : Le Syndicat mixte continue à suivre les opérations conduites par la CCPI et travaille avec les services de la préfecture du Finistère sur l’opportunité d’activer les marchés zonaux et sur les possibilités d’accès au fonds POLMAR

    Jeudi 4 juin 2015

    Les résultats des analyses menées par le Cedre indiquent qu’il s’agit de paraffine. L’ARS signale que ce produit est de faible toxicité pour l’homme « sauf en cas de contact prolongé où des irritations de la peau seraient susceptibles d’apparaître ». L’ARS préconise de procéder au nettoyage du littoral avant d’autoriser à nouveau l’accès à celui-ci et de « porter une attention particulière au port de gants par les équipes en charge du nettoyage ». Le Cedre préconise quant à lui de « collecter le plus gros des arrivages à la main ».

    Considérant l’étendue de la pollution et les volumes concernés, les services de l’État décident de s’impliquer dans la gestion de la crise dès le lendemain.

    Rôle de Vigipol : Le Syndicat mixte poursuit sa mission de conseil auprès de la Communauté de communes du Pays d’Iroise (CCPI) et échange avec les autorités maritimes et terrestres sur les probables évolutions de la pollution.

    Mercredi 3 juin 2015

    Dans l’attente des résultats du Cedre, l’Agence Régionale de Santé (ARS) a demandé aux maires des communes concernées de prendre un arrêté pour interdire l’accès au littoral à titre préventif. La Communauté de communes du Pays d’Iroise (CCPI) organise une reconnaissance des zones polluées. La pollution s’étend de Lampaul-Plouarzel au Conquet ; des traces de polluant sont également observées au large de la baie d’Audierne.

    Rôle de Vigipol : La CCPI sollicite les conseils de Vigipol sur la conduite à tenir face à cet événement. Depuis lors, Vigipol conseille la communauté de communes sur la gestion de la pollution, en particulier en matière de préservation des intérêts des communes et de reconnaissance de la pollution.

    Jeudi 4 juin 2015

    Des arrivages de polluant sont signalés sur le littoral du Pays d’Iroise sous forme de « boulettes blanchâtres et solides ». Des prélèvements ont été effectués par les agents du Parc Naturel Marin d’Iroise (PNMI) et transmis au Cedre afin de déterminer la nature du produit et sa toxicité.

    Rôle de Vigipol : Le Syndicat mixte est informé de cette pollution à 22h00.

    Arrivages d’amas de tissu et de bidons d’acide phosphorique sur la côte Nord Bretagne
    Mars 2016

    En mars 2016, des arrivages de textile ont été signalés sur les côtes Nord du Finistère. Dix communes ont été touchées.

    En parallèle, des bidons bleus de 20 litres contenant de l’acide phosphorique ont été trouvés entre Ploudalmézeau & Landéda. Il s’agit d’un produit dangereux car corrosif. Si vous en découvrez sur le littoral, prévenez immédiatement les pompiers et veillez à ce que personne ne s’en approche. Ne les manipulez en aucun cas à mains nues.

    Pays d'Iroise : Ballots de tissus à Ploudalmézeau (Février 2016) - Vigipol

    Les tempêtes sont propices aux pertes de cargaison. Si vous recevez d’autres types d’arrivages sur le littoral de votre commune, merci de nous le signaler à l’adresse : pollution@vigipol.org.