Vigipol - Défendre les intérêts des collectivités littorales face aux risques issus du transport maritime
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Liées aux événements récents

Pollutions maritimes à Marseille : sanctions renforcées contre les rejets illicites en mer via des conventions judiciaires d’intérêt public
Décembre 2025

À Marseille, plusieurs navires ont récemment été sanctionnés pour des rejets illégaux d’eaux polluées en mer, liés notamment à l’utilisation de systèmes de lavage des fumées (scrubbers) fonctionnant en boucle ouverte. Ces dispositifs ont conduit à l’évacuation directe en mer d’importants volumes d’eaux de lavage non traitées, estimés à plus de 450 m³, contenant des substances nocives pour le milieu marin.
Ces rejets ont été réalisés à proximité immédiate des côtes, parfois à moins de trois milles nautiques, en violation de la réglementation environnementale maritime. De tels déversements ont pour effet de dégrader la qualité de l’eau et de porter atteinte aux écosystèmes marins, notamment par des phénomènes d’asphyxie des milieux aquatiques.

Le litige

Face à ces infractions, le parquet de Marseille a eu recours à un outil juridique encore peu mobilisé en matière environnementale maritime : la convention judiciaire d’intérêt public (CJIP).
Trois CJIP environnementales ont ainsi été conclues avec des sociétés exploitant trois navires, aboutissant à un montant total de 465 000 € d’amendes, versées au Trésor public.
Ce mécanisme permet au procureur de la République de proposer à une personne morale, en alternative à des poursuites classiques, le paiement d’une amende, la mise en conformité des pratiques et la réparation du préjudice écologique, dans un délai pouvant aller jusqu’à trois ans. Un quatrième navire a également été sanctionné dans le cadre de cette opération judiciaire pour pollution atmosphérique.

Conclusion

Ces décisions illustrent un renforcement concret de la réponse pénale face aux pollutions maritimes et confirment la volonté des autorités judiciaires de sanctionner plus fermement les atteintes à l’environnement marin.
Pour Vigipol, elles constituent un signal encourageant : la reconnaissance des impacts écologiques des rejets en mer, l’utilisation d’outils juridiques adaptés et l’imposition de sanctions financières dissuasives vont dans le sens d’une meilleure protection du littoral.
Elles confortent également les actions de prévention, de surveillance et de sensibilisation portées par Vigipol auprès des collectivités et partenaires, en rappelant que la lutte contre les pollutions maritimes repose autant sur la détection que sur une réponse juridique efficace et exemplaire.

MT Guardians : fin définitive de la procédure judiciaire et avancée majeure pour la lutte contre les pollutions maritimes
Novembre 2025

En janvier 2021, le navire MT Guardians, chimiquier battant pavillon panaméen, a été impliqué dans une pollution maritime aux huiles végétales dans les eaux territoriales françaises, au large du cap de la Hève (Seine-Maritime).

Le 13 janvier 2021, le CROSS Jobourg est destinataire d’une alerte du système CleanSeaNet de l’Agence européenne pour la sécurité maritime (EMSA), à la suite de la détection par satellite d’une pollution de sillage. L’analyse croisée des images satellitaires et des données AIS (système d’identification automatique des navires) a permis d’attribuer cette pollution au MT Guardians, seul navire présent dans la zone à ce moment-là et dont la trajectoire était compatible avec la nappe polluante observée. Lors de la sortie du port de Rouen, une partie des eaux usées de prélavage stockée dans le navire ont été rejetées en mer à une distance d’environ 10 milles nautiques des côtes, alors que la réglementation n’autorise ce type de rejet qu’au-delà de 12 milles nautiques, sous conditions strictes.

Le procureur du Havre avait ainsi engagé des poursuites pénales à l’encontre du capitaine et de l’armateur du navire pour rejet illicite de substances polluantes en mer. Plusieurs associations de protection de l’environnement, dont France Nature Environnement et Surfrider Foundation, s’étaient alors constituées parties civiles.

Le litige

En avril 2025, la Cour d’appel de Rouen avait reconnu l’acceptabilité d’une preuve de pollution fondée sur des données satellitaires, une première en France. Jusqu’alors, la justice française ne retenait que les constatations en flagrant délit effectuées depuis un avion ou un navire, appuyées par des preuves photographiques. L’armateur du navire avait contesté sa condamnation jusqu’à se pourvoir en cassation. Toutefois, par une décision rendue le 12 novembre, la Cour de cassation a ordonné la déchéance du pourvoi, l’armateur n’ayant présenté aucun mémoire exposant ses moyens de cassation pour soutenir sa requête dans le délai légal. La société Valsa Holding et le capitaine du MT Guardians ont donc été définitivement condamnés à la peine de 80.000 euros d’amende prononcée en avril dernier par la cour d’appel de Rouen.
À l’échelle européenne, cette évolution s’inscrit dans une dynamique déjà engagée : selon le rapport 2023 de CleanSeaNet, des capitaines et armateurs ont déjà été condamnés sur la base de détections satellitaires, notamment en Espagne et à Chypre.

Conclusion

La clôture définitive de l’affaire Guardians constitue une avancée juridique majeure pour la lutte contre les pollutions maritimes. Elle confirme la robustesse des procédures engagées et renforce la valeur des outils de surveillance satellitaire dans la répression des rejets illégaux en mer.
Pour Vigipol, cette décision va dans le sens d’une meilleure protection du littoral et d’un renforcement des moyens de prévention, de détection et de sanction des pollutions maritimes, au bénéfice des collectivités et des écosystèmes côtiers. Elle marque un signal fort adressé aux armateurs quant à leur responsabilité environnementale et juridique.

Explosion d’un obus sur une plage de l’Île de Groix en 2014 : l’Etat pourrait être condamné à indemniser les victimes
Octobre 2025

Dans la nuit du 6 au 7 septembre 2014, un groupe d’amis s’était réuni sur la plage des Sables Rouges, à Groix autour d’un feu, malgré l’interdiction en vigueur. Après plusieurs heures, la soirée a tourné au drame lorsqu’un obus de 75 mm, vestige de la Première Guerre mondiale enfoui sous le foyer, a explosé. L’explosion a coûté la vie à un jeune et fait neuf blessés.

Le litige

Une enquête administrative a été ouverte. En juin 2016, le tribunal administratif de Rennes avait désigné un expert afin d’éclaircir l’origine de la présence de la munition sur la plage. Le rapport, déposé en septembre 2018, avait conclu que la munition provenait d’un ancien stock laissé derrière après la guerre.

En 2022, la responsabilité sans faute de l’État a été reconnue, au motif que le nettoyage du site relevait de ses compétences, en raison de la nature militaire du déchet. Les parents de la victime ont alors obtenu une indemnisation de 80 000 €. Les neuf blessés, quant à eux, ont fait l’objet d’expertises complémentaires destinées à évaluer leurs préjudices respectifs.

L’affaire est revenue le jeudi 6 novembre 2025 devant le tribunal administratif de Rennes pour statuer sur ces indemnisations. Le rapporteur public a recommandé de condamner l’État à verser un montant global de 159 906 euros aux neuf jeunes blessés, en réparation de l’ensemble de leurs préjudices. Il a également préconisé que les frais d’expertise soient définitivement mis à la charge de l’État. La décision du tribunal est attendue courant novembre.

Conclusion

Vigipol tient à rappeler, à l’occasion de cette affaire, les dangers persistants liés aux explosifs historiques présents sur le littoral breton qui ressurgissent et appelle à une vigilance accrue face à ce type de pollution.

X-Press Pearl : un litige international qui pose de nombreuses questions sur l’indemnisation
Juillet 2025

En mai 2021, le porte-conteneurs X-Press Pearl, battant pavillon de Singapour, a pris feu et coulé au large du Sri Lanka provoquant la pire catastrophe environnementale maritime de l’histoire du pays. Le navire transportait des produits chimiques dangereux et des granulés plastiques industriels (GPI), qui ont pollué plus de 80 km de côtes et affecté gravement la pêche locale.

En savoir plus sur l’événement : Fiche Accident, Analyse du Pool Experts

Le litige

En juillet 2025, la Cour suprême du Sri Lanka a condamné l’armateur X-Press Feeders à verser 1 milliard de dollars de compensation. L’entreprise a refusé de payer, invoquant le principe de limitation de responsabilité maritime, et qualifiant la décision de « dangereux précédent » pour le commerce mondial.

Par suite, le bureau des Nations Unies au Sri Lanka a exprimé sa vive inquiétude, appelant l’entreprise à reconnaître l’ampleur des dommages et à respecter la justice environnementale.

Pourquoi ce litige est préoccupant ?

Risque de non-indemnisation

Ce cas illustre les limites du droit international en matière de responsabilité environnementale. En cas de pollution sur nos côtes, une entreprise étrangère pourrait refuser de payer, laissant les collectivités locales seules face aux coûts de dépollution, de gestion de crise et de réparation.

Complexité juridique

Le recours à des juridictions multiples (Sri Lanka, Royaume-Uni, Singapour) montre que les litiges maritimes peuvent s’enliser pendant des années, retardant les indemnisations et les réparations environnementales (cf. procès de l’Erika et du Prestige).

Pollution durable et invisible

Les GPI et produits chimiques rejetés par le X-Press Pearl ont des effets persistants sur la faune, la flore et la santé humaine. Ce type de pollution est difficile à nettoyer, coûteux et peut affecter durablement les activités économiques locales (pêche, tourisme).

Conclusion

Le cas de l’X-Press Pearl est un signal d’alerte pour les collectivités littorales : il montre que même les décisions judiciaires peuvent être ignorées. Ainsi, il souligne l’importance de la préparation locale pour faire face à une pollution maritime et la nécessité de la solidarité entre collectivités.

Gazette #65 de la Chambre arbitrale maritime de Paris – Focus sur le transport maritime des animaux vivants (p.15)
Mars 2025

La dernière Gazette de la Chambre arbitrale maritime de Paris qui vient de paraître consacre sa section « Web maritime » au transport maritime d’animaux vivants. Une sélection d’articles qui permet d’appréhender largement le sujet.

Lien vers la Gazette #65

Echouages de bovins sur les côtes bretonnes, France
Novembre 2023

Fin d’année 2023, plusieurs bovins morts ont été retrouvés échoués sur les côtes du Finistère laissant reposer leur enlèvement sur les services des collectivités littorales.

Si ces situations ont provoqué la surprise, saviez-vous que les navires transportant des animaux vivants par voie maritime étaient autorisés à rejeter leurs « marchandises » par dessus bord ?

En effet, les navires transportant du bétail ont le droit de jeter par-dessus bord les animaux morts, mais cela est soumis à une règlementation stricte concernant la distance des côtes et les conditions environnementales.

Distance des côtes

Selon la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL) de 1973/1978, administrée par l’OMI, il est permis de rejeter des cadavres d’animaux en mer :

  • à une distance de plus de 12 milles nautiques des côtes, sous certaines conditions
  • lesquels ne doivent pas être emballés dans des matériaux plastiques
  • lesquels doivent être rejetés de manière à minimiser les risques pour l’environnement marin.

Plus précisément, c’est l’Annexe V de la Convention qui traite de la pollution par les ordures provenant des navires qui inclut des dispositions sur le rejet des cadavres d’animaux.

Actualités britanniques sur l’exportation d’animaux d’élevage vivants

Le 14 mai 2024, le Parlement britannique a voté l’interdiction de l’exportation d’animaux d’élevage vivants. L’objectif est de mettre fin à l’exportation de milliers de bovins, porcs, chèvres, moutons, sangliers et chevaux destinés à l’abattage ou à l’engraissement depuis ou via l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Écosse. Déjà approuvé par les élus de la Chambre des Communes, le texte sera inscrit dans la loi une fois qu’il aura reçu le sceau royal.

Par cette décision, le Royaume-Uni se démarque de l’Union européenne (UE) où cette pratique est toujours en vigueur. Les ONG de protection des animaux d’élevage exhortent l’UE à interdire elle aussi l’exportation d’animaux vivants vers les pays tiers, mais cette option a récemment été écartée par la Commission. Dans sa proposition de révision de la réglementation fin 2023, toujours en cours de négociation, la Commission a préféré un durcissement des exigences sur l’état des navires et la bientraitance des animaux à bord.

Pour rappel, plus de 1,6 milliard d’animaux sont transportés chaque année dans le monde. Ailleurs dans le monde, l’Australie s’est engagée à mettre fin à l’exportation de moutons vivants d’ici à 2028. La Nouvelle-Zélande a elle aussi interdit depuis avril 2023 l’exportation par voie maritime de bétail vivant.

Sources

En droit international

Le CCC 11 adopte un plan de travail sur la prévention des pertes de conteneurs en mer
Septembre 2025

Réuni entre le 8 et le 12 septembre dernier, le sous-comité CCC 11 (Carriage of Cargoes and Containers) de l’OMI a approuvé un plan de travail visant à renforcer la prévention des pertes de conteneurs en mer, un enjeu majeur de sécurité maritime et de protection de l’environnement.

Ce plan, structuré autour de cinq grands axes, entend faire progresser les mesures de prévention à travers une approche technique et opérationnelle complète :

  • Orientations et limitations opérationnelles
  • Conditions en mer
  • Chargement, arrimage, validation et planification
  • Normes techniques de calcul et propriétés des dispositifs d’arrimage, ainsi que les programmes d’inspection associés
  • Propriétés des conteneurs et programmes d’inspection associés

Les parties prenantes du secteur maritime sont invitées à soumettre de nouvelles propositions de résultats ou d’actions sur ces thématiques, afin d’enrichir la mise en œuvre du plan de travail adopté. L’objectif : garantir une meilleure sécurité du transport maritime et limiter les risques liés à la perte de conteneurs dans les eaux internationales.

Traité BBNJ : la haute mer entre dans une nouvelle ère de gouvernance
19 septembre 2025

Le 19 septembre 2025, le traité BBNJ a atteint le seuil des 60 ratifications nécessaires pour entrer en vigueur. Il deviendra juridiquement contraignant le 17 janvier 2026. Ce traité, adopté en juin 2023, vise à protéger la biodiversité marine dans les zones situées au-delà des juridictions nationales, soit plus des deux tiers de l’océan mondial.

Objectif du traité

  • Création d’aires marines protégées en haute mer.
  • Évaluations d’impact environnemental obligatoires pour les activités humaines.
  • Partage équitable des bénéfices issus des ressources génétiques marines.
  • Transfert de technologies et renforcement des capacités pour les pays en développement.

Travaux de la Commission préparatoire (18–29 août 2025)

À New York, la Commission préparatoire a tenu sa deuxième session pour organiser la mise en œuvre du traité :

Points débattus

Gouvernance des organes scientifiques et techniques.

  • Règlement intérieur de la future Conférence des Parties (COP).
  • Règles de gestion financière pour le financement du secrétariat et des organes subsidiaires.
  • Création d’un centre d’échange d’informations scientifiques.

Prochaine étape

La première COP du traité est prévue pour le 23 mars 2026, où les États parties définiront les modalités concrètes de mise en œuvre.

Réactions et enjeux

  • L’ONU et les ONG saluent une avancée historique pour la protection des océans.
  • Les États insulaires demandent une représentation équitable et la reconnaissance des droits des peuples autochtones.
  • Les ONG appellent à une mise en œuvre rapide et ambitieuse, notamment pour atteindre l’objectif de 30 % d’aires marines protégées d’ici 2030.

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Sécurité maritime : le Conseil de sécurité alerte sur les menaces émergentes
11 août 2025

Les 11 et 12 août 2025, le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu un débat public de haut niveau sur les menaces croissantes à la sécurité maritime, sous la présidence du Président du Panama, José Raúl Mulino Quintero.

Menaces identifiées

Les intervenants ont dressé un tableau préoccupant :

  • Tensions géopolitiques : rivalités croissantes autour du canal de Panama, notamment entre les États-Unis et la Chine.
  • Criminalité transnationale organisée : trafic de drogues, d’armes, de migrants, de marchandises contrefaites.
  • Piraterie : 150 incidents recensés en 2024, notamment en Asie du Sud-Est, dans le golfe de Guinée, la mer Rouge et les côtes somaliennes.
  • Cybermenaces : attaques contre les infrastructures portuaires et systèmes de navigation, parfois via l’intelligence artificielle.

Propositions et appels à l’action

  • Renforcement de la coopération internationale et des capacités de surveillance.
  • Innovation technologique pour sécuriser les routes maritimes.
  • Prévention et résilience face aux nouvelles formes de criminalité maritime.
  • Respect du droit international de la mer, notamment la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM).

Position du Panama

  • Le Panama a réaffirmé la neutralité du canal et son rôle stratégique dans le commerce mondial.
  • Il a insisté sur une approche non politisée, axée sur la prévention et la coopération multilatérale.
  • Le pays souhaite valoriser sa contribution à la sécurité maritime mondiale, tout en dénonçant toute entrave à la liberté de navigation.

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Traité international contre la pollution plastique : une session décisive… sans accord
Août 2025

Du 5 au 15 août 2025, Genève a accueilli la deuxième partie de la cinquième session de négociations (INC-5.2) pour un traité mondial juridiquement contraignant visant à mettre fin à la pollution plastique, y compris dans le milieu marin.

Objectif du traité

  • Encadrer tout le cycle de vie du plastique : production, conception, usage, gestion des déchets. Réduire la pollution plastique dans les océans, sols, rivières et même dans le corps humain.
  • Fixer des plafonds de production, interdire certains produits chimiques toxiques (ex. PFAS), et promouvoir la réutilisation.

Point d’étape (11 août)

183 délégations présentes, dont 70 ministres. Des groupes de travail ont abordé les sujets clés : produits chimiques préoccupants, financement, conformité, réduction de la production. La société civile s’est fortement mobilisée, avec des actions symboliques et des appels à un traité ambitieux.

Échec des négociations (18 août)

Malgré une volonté affichée de parvenir à un accord, les négociations ont échoué à produire un texte consensuel :

Principaux blocages

  • Opposition de certains pays producteurs de pétrole (Arabie saoudite, Russie, Iran) à toute limitation de la production de plastique.
  • Désaccord sur le caractère contraignant du traité.
  • Divergences sur les objectifs de réduction et les mécanismes de financement.

Réactions

  • Le Secrétaire général de l’ONU et la directrice du PNUE ont exprimé leur déception, tout en saluant la détermination des États à poursuivre le processus ;
  • La France, la Norvège et plusieurs États insulaires ont dénoncé l’influence de l’industrie pétrochimique et appelé à un traité ambitieux ;
  • Greenpeace a qualifié l’échec de signal d’alarme mondial, soulignant l’urgence d’agir face à la triple crise planétaire : climat, biodiversité, pollution.

Et maintenant ?

Une nouvelle session sera programmée. Le processus continue, mais l’échec de Genève souligne les limites du multilatéralisme face aux intérêts économiques.

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Adoption d’une résolution sur le transport des marchandises dangereuses par le Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC)
29 juillet 2025

La résolution adoptée par le Conseil économique et social (ECOSOC) le 29 juillet 2025 sur le transport des marchandises dangereuses et le Système général harmonisé (SGH) de classification et d’étiquetage des produits chimiques constitue une étape importante dans la sécurisation du transport multimodal, y compris maritime.

Objectif de la résolution

  • Renforcer la sécurité du transport de substances dangereuses par tous les modes (route, rail, mer, air).
  • Harmoniser les réglementations internationales grâce au Règlement type de l’ONU.
  • Promouvoir l’adoption du SGH, qui standardise la classification des dangers et l’étiquetage des produits chimiques.

Focus sur le transport maritime

La résolution :

  • Appelle à une mise à jour régulière des outils de référence (Règlement type, SGH) pour tenir compte des évolutions technologiques et des incidents récents.
  • Encourage l’intégration des recommandations de l’ONU dans le Code IMDG (Code maritime international des marchandises dangereuses), appliqué par les États membres de l’OMI.
  • Vise à réduire les divergences réglementaires entre les différents modes de transport, ce qui est crucial pour les chaînes logistiques intermodales.

Pourquoi c’est important ?

  • Prévention des pollutions accidentelles : une meilleure classification et étiquetage permet d’anticiper les risques lors du passage ou de l’escale de navires transportant des substances dangereuses.
  • Réactivité en cas d’incident : des documents harmonisés facilitent l’intervention des services de secours locaux.

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Le Comité de la sécurité maritime de l’OMI renforce la protection des gens de mer : fatigue, harcèlement, sécurité et heures de travail au cœur des discussions (MSC 110)
19-27 juin 2025

À l’occasion de sa 110e session tenue à Londres du 19 au 27 juin 2025, le Comité de la sécurité maritime (MSC) de l’Organisation maritime internationale (OMI) a engagé une série de mesures fortes pour améliorer les conditions de travail des gens de mer, en particulier sur les questions de fatigue, heures de travail et de repos, harcèlement, intimidation et agressions.

Vers une mise en œuvre renforcée du Code ISM

Le Comité a décidé de réviser en profondeur les directives de mise en œuvre du Code international de gestion de la sécurité (Code ISM), qui fixe les standards mondiaux en matière de gestion de la sécurité des navires et de prévention de la pollution. L’objectif : garantir une application cohérente de ces règles par les États et les compagnies, notamment via le contrôle par l’État du port.

Une attention particulière est portée à l’instauration d’une culture de la sécurité à bord, au renforcement du rôle du capitaine face aux infractions au Code ISM, et à la création d’une procédure de signalement des manquements.

Fatigue et effectifs à bord : une préoccupation centrale

Le Comité a placé la fatigue des marins et l’équilibre entre charge de travail et effectifs à bord parmi ses priorités. Il a mandaté le Sous-comité HTW, en collaboration avec le Sous-comité III, pour mener sur deux ans (2026-2027) une révision des instruments juridiques concernés. Cette mission s’appuiera notamment sur les recommandations issues d’une étude conduite par un groupe d’experts entre 2023 et 2024.

En parallèle, le Comité a pris acte des travaux de révision de la Convention STCW (normes de formation et de veille), qui devront notamment combler les lacunes réglementaires sur les heures de repos.

Autres avancées majeures du Comité MSC

Le Comité a également progressé sur plusieurs enjeux structurants pour la sécurité maritime :

  • Transfert du pilote : adoption d’amendements à la Convention SOLAS pour renforcer les exigences de sécurité des dispositifs de transfert et les normes de performance associées.
  • Navires autonomes : finalisation de 24 des 25 chapitres du futur Recueil MASS, cadre réglementaire non obligatoire.
  • Sécurité des nouveaux carburants : travaux en cours pour adapter les règles aux technologies émergentes et aux carburants alternatifs, avec notamment une révision du recueil dédié aux navires de commerce nucléaires.
  • Sûreté maritime : adoption d’une résolution encourageant l’échange d’informations par les centres de renseignement maritimes nationaux et régionaux.
  • Cybersécurité : lancement de l’élaboration d’un recueil non contraignant sur la cybersécurité maritime.

Une nouvelle étape pour le recyclage des navires : entrée en vigueur de la Convention de Hong Kong
26 juin 2025

À compter du 26 juin 2025, le recyclage des navires en fin de vie devra se faire selon des normes strictes de sécurité et de respect de l’environnement. Cette évolution majeure est portée par l’entrée en vigueur de la Convention internationale de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires.

Adoptée en mai 2009 sous l’égide de l’Organisation maritime internationale (OMI), la Convention vise à encadrer l’ensemble du cycle de vie des navires pour garantir un recyclage responsable. Elle impose notamment des obligations dans les domaines suivants :

  • la conception, construction, exploitation et préparation des navires en vue de leur recyclage ;
  • le fonctionnement des installations de recyclage ;
  • la mise en place de mécanismes de contrôle (visites, autorisations, certificats, inspections, obligations de déclaration).

Elle s’attache également à réduire les risques liés aux matériaux dangereux présents à bord et à améliorer les conditions de travail dans les chantiers de démantèlement.

Les conditions d’entrée en vigueur ont été réunies en 2023, activant un délai de mise en œuvre de 24 mois. À ce jour, 24 États sont Parties à la Convention, dont plusieurs pavillons majeurs (Japon, Libéria, Îles Marshall, Panama) et quatre grandes nations du recyclage naval (Bangladesh, Inde, Pakistan, Turquie). Ensemble, ils représentent 57,15 % du tonnage mondial de la flotte commerciale.

Fruit d’une coopération entre l’OMI, l’Organisation internationale du travail (OIT), les Parties à la Convention de Bâle et de nombreuses autres organisations, la Convention de Hong Kong marque un tournant pour la sécurité des travailleurs et la protection de l’environnement dans le secteur maritime.

OMI – Projet de Plan d’action visant à traiter le problème des déchets plastiques rejetés dans le milieu marin par les navires (PPR 12)
27-31 janvier 2025

Le Sous-comité de la prévention de la pollution et de l’intervention (PPR 12) a validé un projet de Plan d’action visant à traiter le problème des déchets plastiques rejetés dans le milieu marin par les navires. Ce plan sera soumis à l’approbation du Comité de la protection du milieu marin (MEPC) lors de sa prochaine session (MEPC 83), prévue du 7 au 11 avril 2025.

Cette nouvelle version du Plan d’action repose sur une mise à jour du document initial adopté en 2018, en intégrant les progrès réalisés depuis. Il fixe un ensemble d’objectifs à atteindre d’ici 2030, parmi lesquels :

  • La diminution des déchets plastiques provenant des navires de pêche ;
  • La réduction des rejets de plastiques en mer par les transports maritimes ;
  • Une meilleure sensibilisation du public et un renforcement de la formation des professionnels du secteur ;
  • L’amélioration des infrastructures portuaires de réception et des méthodes de gestion des déchets plastiques ;
  • Une meilleure connaissance de l’impact des navires sur la pollution plastique en mer ;
  • Un renforcement de la coopération internationale sur ces enjeux.

Le Sous-comité a également ajusté le calendrier des actions prévues en distinguant les mesures à court, moyen et long terme, ainsi que les actions à mener de façon continue.

Transport maritime de granulés de plastique

Le Plan d’action 2025 inclut une mesure spécifique visant à encadrer le transport des granulés de plastique en conteneurs par voie maritime, afin de limiter les risques environnementaux associés aux GPI.

Dans cette optique, le Sous-comité a élaboré un tableau comparatif mettant en évidence les avantages, les limites et les impacts potentiels des modifications réglementaires envisageables. Cet outil servira à guider les discussions à venir sur l’introduction de nouvelles mesures obligatoires dans le cadre juridique du transport de ces matériaux par mer.

Traité contre la pollution plastique : la cinquième session de négociations à Busan ajournée sans accord, mais des avancées notables
2 décembre 2024

Du 25 novembre au 1er décembre 2024, la cinquième session de négociations pour l’établissement d’un traité international juridiquement contraignant contre la pollution plastique s’est tenue à Busan, en Corée du Sud. Malgré des progrès notables, les discussions n’ont pas permis de parvenir à un accord final, et une nouvelle session de négociation sera nécessaire en 2025.

Un texte plus avancé, mais des divergences persistantes

Près de 3 300 délégués, représentant plus de 170 pays et 440 organisations observatrices, ont travaillé sur deux projets de texte présentés par le président du Comité international de négociation (CIN), l’ambassadeur Luis Vayas Valdivieso. Ces documents couvrent l’ensemble du cycle de vie des plastiques : production, utilisation, gestion des déchets et recyclage. Bien que les négociations aient permis une convergence accrue sur la structure et les éléments clés du traité, des divergences majeures subsistent, notamment sur la réduction de la production de plastiques primaires.

Des visions opposées sur les objectifs de réduction

Un groupe de pays, comprenant l’Union européenne, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et plusieurs États insulaires et nations africaines et latino-américaines, plaide pour des objectifs ambitieux de réduction de la production de plastiques primaires, assortis d’une clause de révision tous les cinq ans. À l’opposé, des pays producteurs de pétrole comme l’Arabie saoudite, la Russie, l’Iran et le Koweït s’opposent à toute réduction contraignante, freinant les discussions.

Un appel à poursuivre le dialogue en 2025

Lundi 2 décembre, à 3h du matin (heure locale), la cinquième session s’est achevée sans consensus. Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a annoncé que le « texte du président » servirait de base pour la reprise des négociations en 2025. Selon le PNUE, les discussions ont néanmoins rapproché les parties d’un accord, grâce à une meilleure compréhension des positions nationales et des défis communs.

Perspectives pour 2025

Malgré cet ajournement, les négociateurs restent optimistes quant à l’aboutissement d’un traité ambitieux. L’adoption d’un texte juridiquement contraignant contre la pollution plastique nécessitera encore un travail approfondi pour surmonter les désaccords et garantir un engagement mondial. Les prochaines discussions seront déterminantes pour transformer ces avancées en un accord concret.

Résolutions des FIPOL sur les navires non assurés et peu sûrs : renforcement de la sensibilisation et des mesures
Novembre 2024

Lors des sessions de novembre 2024, les organes directeurs des FIPOL ont adopté des résolutions appelant les États parties à la Convention de 1992 sur la responsabilité civile (CLC), à la Convention de 1992 portant création du Fonds international d’indemnisation et au Protocole du Fonds complémentaire, ainsi que les États du pavillon et les États du port, à mettre en œuvre des actions spécifiques face au développement croissant de la « dark fleet ».

Cette initiative fait suite aux préoccupations exprimées par plusieurs délégations en 2024 concernant l’augmentation du transport d’hydrocarbures par des navires peu sûrs ou non assurés (Échouement du Gulf Stream), ou encore par des navires ne respectant pas les exigences d’assurance prévues à l’article VII de la CLC de 1992. Ces pratiques compromettent à la fois les normes de sécurité et environnementales établies par l’OMI et le cadre international de responsabilité et d’indemnisation fondé sur les Conventions et Protocoles de 1992.

Face à cette situation préoccupante, les organes directeurs ont souligné l’urgence d’une réponse coordonnée et ont adopté deux résolutions visant à inciter les États à prendre des mesures concrètes :

Les États membres du FIPOL sont invités à examiner attentivement le contenu des résolutions et à agir de manière proactive pour répondre aux six recommandations principales qu’elles contiennent. L’engagement du Secrétariat du FIPOL à soutenir les États membres dans la défense de leurs intérêts a été réaffirmé, tout en les encourageant à recourir à des assureurs conformes aux exigences de la CLC de 1992.

Adoption définitive de l’obligation de signaler la perte de conteneurs en mer
Mai 2024

Honduras Star : carcasse conteneur à Locquémeau (Décembre 2007) - Vigipol
(©️ Vigipol)

Lors de la 103ème session du Comité sur la sécurité maritime (MSC 103, 5 au 14 mai 2021), l’OMI avait adopté un plan d’actions sur la mise en place d’un mécanisme obligatoire de déclaration et d’identification de pertes de conteneurs en mer afin de réduire les conséquences sur la sécurité et l’environnement, notamment pour lutter contre les déchets plastiques.

Coordonné par le Sous-comité du transport des cargaisons et des conteneurs (CCC) en association avec le Sous-comité NCSR (pour la navigation, les communications et la recherche et le sauvetage), ce plan d’action devait être examiné lors des prochaines sessions du MSC.

En juin 2022, 39 parties prenantes dont 34 États ont élaboré et proposé des mesures concernant la détection et le signalement obligatoire des conteneurs perdus en mer pour améliorer la localisation, le suivi et la récupération de ces derniers dans le cadre du 7ème Sous-comité CCC (CCC 7).

Sous-comité du transport des cargaisons et des conteneurs (CCC 8), septembre 2022 – Adoption d’un projet d’amendement aux conventions SOLAS & MARPOL

Avancées majeures sur ce sujet puisque le CCC 8 a validé et adopté un projet d’amendement aux conventions Solas et Marpol relatifs à la déclaration obligatoire des pertes de conteneurs (quel que soit leur chargement). Ces amendements seront ensuite soumis à l’approbation du Comité sur la sécurité maritime (MSC 107) et du Comité de la protection du milieu marin (MEPC 80) pour une adoption au prochain MSC 108 (Mai 2024).

  • D’une part, le projet d’amendement complète la Convention Solas pour la sauvegarde de la vie humaine en mer du 1er novembre 1974 concernant les messages de danger (Chapitre V, règlement 31). Il obligerait les commandants de tous les navires qui perdent des conteneurs de prévenir chaque incident avec les moyens appropriés, sans délai, à tous les navires proches du lieu de l’incident, à l’État le plus proche et à l’État du pavillon. Ce dernier devra également indiquer l’évènement à l’OMI. De plus, le message devra spécifier les informations et notamment, la position et le nombre de conteneurs perdus.
  • D’autre part, le projet d’amendement concerne les dispositions relatives au détail des marchandises dangereuses contenues dans les conteneurs prévues dans la Convention Marpol.

Par ailleurs, le secrétariat de l’OMI devra développer un module dans son système informatique, le Gisis (Global Integrated Shipping Information). Ce module permettrait de recevoir les messages depuis les États du pavillon.

Comité sur la sécurité maritime (MSC 107), 31 mai- 9 juin 2023 – Approbation du projet d’amendements à la Convention SOLAS

Le Comité a rappelé que le projet d’amendements au chapitre V (Sécurité de la navigation) de la
Convention SOLAS porte notamment sur :

  • la règle 31 – Messages de danger et obligerait les capitaines de tout navire ayant perdu un ou plusieurs conteneurs de fret d’envoyer un compte-rendu aussi détaillé que possible sur les circonstances de l’événement aux navires se trouvant dans les environs, à l’État côtier le plus proche, ainsi qu’à l’État du pavillon qui serait tenu de communiquer l’incident à l’OMI.
  • la règle 32 – Informations requises dans les messages de danger qui précise les informations à communiquer, notamment la position, le nombre de conteneurs, etc.

Par ailleurs, il approuve également un nouveau résultat global intitulé « Élaboration de mesures visant à prévenir les pertes de conteneurs en mer », en fixant à 2025 la date souhaitable d’achèvement des travaux et en confiant la coordination de ces derniers au CCC et aux différents sous-comité si besoin (Sous-comité de la conception et de la construction du navire (SDC), Sous-comité de la navigation, des communications et de la recherche et du sauvetage (NCSR), Sous-comité de l’élément humain, de la formation et de la veille (HTW), Sous-comité de l’application des instruments de l’OMI (III)).

Comité de la protection du milieu marin (MEPC 80), juillet 2023 – Approbation du projet d’amendements à la Convention MARPOL

Le MEPC 80 a approuvé, pour adoption ultérieure, les projets d’amendements au Protocole I de MARPOL concernant une procédure de signalement des conteneurs de fret perdus.

Le projet d’amendements à l’article V du Protocole I de MARPOL – Dispositions concernant l’envoi de rapports sur les événements entraînant ou pouvant entraîner le rejet de substances nuisibles, ajouterait un nouveau paragraphe stipulant : « En cas de perte d’un ou de plusieurs conteneurs de fret, la notification requise en vertu de l’article II 1) b) doit être effectuée conformément aux dispositions des règles V/31 et V/32 de la Convention SOLAS. »

Les deux comités ayant approuvé respectivement les amendements à la Convention SOLAS et ceux à la Convention MARPOL, les 2 projets d’amendement seront soumis à l’adoption du prochain MEPC 81 et MSC 108 (Mai 2024) pour une entrée en vigueur au plus tard le 1er janvier 2026.

Comité de la protection du milieu marin (MEPC 81), 18-22 mars 2024 – Adoption des amendements à la Convention MARPOL

Le MEPC a adopté les amendements relatifs à la Convention MARPOL faisant référence à une procédure de signalement des conteneurs perdus.

Comité sur la sécurité maritime (MSC 108), 15 au 24 mai 2024 – Adoption des amendements à la Convention SOLAS

Ultime et dernière étape de cette évolution réglementaire, fin mai 2024, le MSC 108 a parachevé ce lent cheminement et adopté définitivement les amendements relatifs à la Convention SOLAS.

Ainsi, à partir du 1er janvier 2026 les commandants seront soumis à cette nouvelle obligation de signaler toute pertes de conteneurs en mer aux navires proches du lieu de l’incident, à l’État le plus proche et à l’État du pavillon.

Une proche entrée en vigueur pour la Convention HNS
Mai 2024

Deux à trois fois par an, les organes directeurs des FIPOL se réunissent afin de prendre des décisions importantes relatives à l’administration de l’Organisation. La dernière session s’est déroulée du 29 avril au 1er mai 2024 à Londres laquelle a abordé un certain nombre de sujets.

En l’occurrence, le Conseil d’administration du Fonds de 1992 (24ème session) et la session extraordinaire de l’Assemblée du Fonds complémentaire (12ème session) ont évoqué la difficile ratification de la Convention HNS (Hazardous and Noxious Substances) ou SNPD (Substances Nocives Potentiellement Dangereuses).

Extraits des sessions d’avril 2024 des organes directeurs du FIPOL, 01.05.2024

La Slovaquie est le dernier État en date à déposer un instrument d’adhésion au Protocole de 2010 à la Convention internationale de 1996 sur la responsabilité et l’indemnisation pour les dommages liés au transport par mer de substances nocives et potentiellement dangereuses (Protocole HNS de 2010), portant à 8 le nombre d’États contractants. Le Secrétariat a également fait rapport sur les diverses tâches qu’il a menées et les efforts qu’il a continué à déployer pour mettre en place le Fonds international pour les substances nocives et potentiellement dangereuses (Fonds HNS) et préparer la première session de l’Assemblée du Fonds HNS. Il a notamment entretenu des relations régulières avec les États contractants et plusieurs autres États qui se sont engagés à mettre en œuvre la Convention ou qui souhaitent la mettre en œuvre. Il a continué à travailler à l’élaboration du système de notification des cargaisons de HNS donnant lieu à contribution et à progresser dans la rédaction d’un manuel des demandes d’indemnisation. Afin que de nouvelles discussions puissent se tenir sur la mise en œuvre pratique de la Convention, en particulier en ce qui concerne les exigences en matière de rapports, le Secrétariat a organisé, en coopération avec l’OMI, un atelier sur la Convention HNS de 2010 qui a eu lieu immédiatement après la clôture de la réunion des FIPOL, les 1ers et 2 mai 2024.

Des représentants de 57 États et un large éventail de participants du secteur maritime et des organisations intéressées ont assisté à cet atelier organisé conjointement par le FIPOL et l’OMI. En ouverture, la Directrice de la Division des affaires juridiques et des relations extérieures de l’OMI a déclaré qu’après 14 ans, le traité était sur le point d’entrer en vigueur. L’objectif de l’atelier était d’aider les États à mettre en place un système efficace de notification des cargaisons de HNS. Actuellement, il y a huit États contractants au Protocole, dont cinq ont plus de 2 millions d’unités de jauge brute. Étant donné que cinq nouveaux États ont exprimé leur engagement à ratifier le traité dans un avenir proche, le juriste principal à l’OMI a noté qu’il y a de bonnes chances que les conditions relatives à l’entrée en vigueur soient déclenchées en 2025, de sorte que la Convention entrera en vigueur en 2027.

Dès lors que les conditions d’entrée en vigueur du Protocole HNS de 2010 seront remplies, le Secrétaire général de l’OMI convoquera la première Assemblée du Fonds HNS , conformément à l’article 43 de la Convention SNPD de 2010.

Le saviez-vous ?

La France a fait le choix d’un site internet pour les déclarations annuelles des HNS reçues dans les ports français sur le site internet du ministère de la transition écologique et solidaire.

Sources

Avancées dans les négociations sur le traité international contre la pollution plastique
Avril 2024

La quatrième session du Comité intergouvernemental de négociation (CIN-4) sur la pollution plastique s’est tenue à Ottawa (Canada) du 23 avril au 30 avril 2024.

Rappel

Le 2 mars 2022, la cinquième Assemblée des Nations Unies pour l’environnement (Anue), réunissant 175 pays à Nairobi (Kenya), a voté la résolution 5/14 « Mettre fin à la pollution plastique : vers un instrument international juridiquement contraignant » ouvrant la voie à un traité mondial de lutte contre la pollution plastique. À cette occasion, le CIN a été créé afin de rédiger et de ratifier un « instrument international juridiquement contraignant » sur la pollution plastique d’ici 2024. Réuni une première fois à Punta del Este (Uruguay) en novembre 2022, à Paris en mai 2023 et à Nairobi (Kenya) en novembre 2023, cette quatrième session avait pour objectif d’être en mesure de finaliser le texte du futur accord à Busan (Corée du Sud) en novembre 2024.

Quatrième session du CIN à Ottawa en avril 2024

Cette dernière réunion s’est conclue avec un projet de texte avancé du futur instrument juridique et un accord sur les travaux intersessions avant la cinquième session (CIN-5). Plus de 2 500 délégués ont participé au CIN-4, représentant 170 membres et plus de 480 organisations observatrices (ONG, organisations intergouvernementales, entités des Nations Unies). La CNI-4 a été la réunion la plus vaste et la plus inclusive du Comité à ce jour, avec une participation d’observateurs augmentant de près de 50 % d’après l’ONU. En l’occurrence, selon certaines ONG, le lobby de la pétrochimie a renforcé sa présence avec un tiers de représentants en plus qu’au CIN-3 et l’industrie du plastique a, elle, multiplié les publicités en faveur du plastique à proximité et au sein du siège des négociations.

Les sujets de discussions ont porté notamment sur les émissions et rejets, la production, la conception des produits, la gestion des déchets, les plastiques problématiques et évitables, le financement et une juste transition.

Cette session de négociation a permis de :

  • réaffirmer largement la résolution UNEA 5/14 qui demande un instrument juridique prenant en compte l’ensemble du cycle de vie des plastiques
  • dévoiler les positions des différentes parties prenantes :
    • 66 États ambitieux de la High Ambition Coalition for a Plastic Treaty (HAC) dont l’UE et ses États membres, le Canada, etc.
    • les Etats-Unis, pas particulièrement moteur selon la France mais dont la déclaration du G7 est perçue comme une prise de position importante qui les engage
    • des États réfractaires de la Global Coalition for Plastics Sustainability dont l’Iran, la Chine, la Russie, l’Inde et l’Arabie Saoudite et plus généralement des pays de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) ;
  • changer la nature des débats : les pays opposés à un accord ont abandonné leur stratégie d’obstruction pour tenter de diluer et complexifier les dispositions qui leur déplaisent afin de limiter la portée du texte ;
  • entrer dans le vif du sujet sur :
    • le périmètre du futur accord : si la résolution onusienne à l’origine des négociations avait acté le principe d’un accord abordant l’ensemble du cycle de vie du plastique, les pays réfractaires ne veulent pas entendre parler de contraintes à l’amont du cycle. Selon eux, la pollution plastique débute avec la consommation des produits et la mauvaise gestion de leur fin de vie
    • le financement de la lutte contre la pollution plastique ;
  • simplifier le projet de traité : suite aux négociations de cette quatrième session, les membres du CIN ont permis la consolidation et la simplification du projet de traité ;
  • s’accorder sur un programme de travail intersession (réunions d’experts qui ont lieu entre les sessions officielles du CIN) qui devrait entraîner la convergence sur des questions clés. Deux groupes d’experts se réuniront avant la cinquième session de novembre 2024 :
    • l’un travaillera sur les moyens de mise en œuvre du futur accord (moyens financiers)
    • l’autre sera chargé de la rédaction juridique du projet de texte en garantissant sa solidité juridique et en assurant sa cohérence (rôle consultatif)

Le CIN-5 – qui devrait marquer la fin du processus CIN – est prévu du 25 novembre au 2 décembre 2024 à Busan, en République de Corée.

Sources

Résolution visant à prévenir les opérations illégales en mer menées par les navires non déclarés ou « fantômes »
6 décembre 2023

Le 6 décembre 2023, l’assemblée de l’OMI a adopté une résolution (Résolution A. 1192(33)) visant à lutter contre les opérations illégales menées dans le secteur maritime par les navires « non déclarés » ou « fantômes ». Ce texte, bien que non contraignant, a pour objet de renforcer le contrôle des transferts de pétrole en mer.

En effet, l’OMI souhaitait s’emparer des navires se livrant à des opérations illégales en vue de contourner les sanctions ou à d’autres activités illégales menées par ce type de navires :

  • qui désactivent délibérément leurs systèmes d’identification automatique (AIS) de bord ou les manipulent ;
  • dont l’entretien n’est pas conforme aux normes ;
  • pour lesquels il est difficile de connaître le propriétaire ;
  • qui n’ont pas contracté les assurances nécessaires ;
  • et qui dissimulent la destination et l’origine des cargaisons.

Pour l’OMI, ce type de navires constituent une menace grave pour la sécurité et la sûreté des transports maritimes internationaux puisqu’ils posent un risque réel et élevé d’accident en particulier lorsqu’ils prennent part à des transferts de pétrole de navire à navire en mer (Ship to ship).

D’une part, le texte s’attache à définir pour la première fois ce qu’est un navire « fantôme ». Il s’agit des « navires qui se livrent à des opérations illégales en vue de contourner les sanctions, de se soustraire aux réglementations en matière de sécurité ou d’environnement, d’éviter les coûts d’assurance ou de se livrer à d’autres activités illégales, notamment :

  1. effectuer des opérations dangereuses qui ne respectent pas les réglementations internationales et les normes et meilleures pratiques strictes et bien établies du secteur;
  2. éviter intentionnellement les inspections menées dans le cadre du contrôle par l’État du pavillon et par l’État du port;
  3. ne pas souscrire une assurance responsabilité civile adéquate ou une autre garantie financière;
  4. éviter intentionnellement les vérifications ou inspections commerciales;
  5. ne pas agir dans le cadre d’une politique de gouvernance d’entreprise transparente garantissant le bien-être et la sécurité des personnes à bord et la protection du milieu marin; ou
  6. prendre intentionnellement des mesures pour éviter la détection du navire, telles que la désactivation des transmissions AIS ou LRIT ou la dissimulation de l’identité réelle du navire, lorsqu’il n’y a pas de préoccupation légitime en matière de sécurité ou de sûreté justifiant une telle action; »

D’autre part, la résolution invite à renforcer les contrôles :

  • par l’Etat du pavillon : veiller à ce que les navires battants leur pavillon respectent les mesures qui encadrent les transferts STS (ship to ship), exiger que les pétroliers notifient tous leurs transferts STS;
  • par l’Etat du port : veiller à l’application des conventions internationales et en particulier celles relatives à la sécurité des opérations de transferts STS et à la responsabilité et à l’indemnisation, renforcer les inspections des navires qui prendraient des mesures pour ne pas être repérés ;
  • par l’Etat côtier : surveiller les opérations de transferts STS dans leur mer territoriale et leur ZEE.

Par ailleurs, le gouvernement britannique a annoncé le 6 décembre imposer des sanctions à quatre gestionnaires de navires liés à 82 tankers au total acheminant du pétrole russe. Ces mesures visent Oil tankers (SCF) management, qui gère 61 pétroliers détenus par le russe Sovcomflot ; K&O Shipmanagement FZE ; Radiating world shipping services ; et Star voyages shipping.

Sources

Nouvelles règles internationales sur les lieux de refuge
6 décembre 2023

Le 6 décembre 2023, l’OMI a adopté une nouvelle résolution portant sur les directives à suivre en matière de lieux de refuge pour les navires ayant besoin d’assistance (Résolution A. 1184(33)). Si cette résolution n’a pas de valeur juridique contraignante, mais votée à la majorité des membres, celle-ci est destinée à être transposée en droit interne pour son application.

La dernière résolution OMI sur les lieux de refuge pour les navires ayant besoin d’assistance date du 5 décembre 2003 (Résolution A.949(23)). Elle s’attaquait frontalement au problème du manque de réaction des États côtiers face aux navires en détresse au large de leurs côtes. Celle-ci déplorait à l’époque le manque de réaction des États face aux catastrophes maritimes et environnementales en 1999 avec l’Erika, en 2000 avec le Castor, en 2002 avec le Prestige, alors que la notion même de « refuge » était déjà soulevée à l’OMI à la fin des années 1980 à l’occasion du projet de la Convention Internationale sur l’Assistance.

Vingt ans après, la révision de décembre 2023 est justifiée par l’évolution rapide du secteur maritime dans le monde entier marquée par divers progrès sur les plans organisationnel, opérationnel et technique.

Les directives révisées visent donc à poser de nouveau les fondements d’un cadre opérationnel qui permette aux États côtiers, aux capitaines de navires, aux exploitants et/ou aux assistants et aux autres parties concernées par une intervention, de suivre la bonne manière pour prendre en charge un navire qui aurait besoin d’assistance et qui chercherait un lieu de refuge.

La principale évolution de ces révisions concerne la gestion de média et de l’information.

Gestion des médias à l’heure des réseaux sociaux

En effet, il est recommandé que les États prennent en considération dans leurs moyens d’organisation respectifs la gestion des médias et des demandes d’information concernant un navire ayant besoin d’assistance qui cherche un lieu de refuge.

Les médias sociaux sont devenus si cruciaux dans la diffusion de l’information que l’OMI a spécifiquement dédié une section entière aux bonnes pratiques de gestion de crise à adopter.

Ainsi, l’OMI établit une liste non exhaustive des aspects qu’elle recommande de prendre en considération :

  • diffuser auprès du public et des autres principales parties prenantes des renseignements et des avis qui soient justes, intelligibles, opportuns et actuels en cas d’évènement de mer ;
  • inclure la gestion des médias dans les plans d’urgence nationaux et d’élaborer une procédure de gestion des médias ;
  • en aucun cas les liens avec les médias ne doivent entraver la gestion de l’événement, les spéculations auxquelles se livrent les médias ne devraient pas peser sur la décision d’accorder ou non à un navire l’accès à un lieu de refuge ;
  • protéger par tous les moyens les victimes contre l’intrusion de la presse ;
  • inciter les médias à ne communiquer que des renseignements qui soient fondés sur les faits sans spéculer sur les causes, l’évolution de la situation ou les mesures à prendre ;
  • savoir qui est chargé d’exécuter la procédure de gestion des médias et de constituer une équipe chargée de gérer les médias pour les besoins de l’événement ;
  • organiser à intervalles réguliers des séances préalables d’instructions avec les diverses cellules d’intervention (gestion de l’assistance, MRCC, équipe de nettoyage à terre, etc.) ;
  • déterminer qui est chargé de : servir d’intermédiaire entre l’autorité compétente et la presse ; jouer un rôle moteur dans la présentation de SITREP d’ordre stratégique; et communiquer avec les points de contact des principaux groupes de défense d’intérêts afin de rapporter des faits majeurs, etc.

Sources

En droit européen

Adoption définitive par le Parlement européen d’un règlement contre la pollution par les Granulés Plastiques Industriels (GPI)
23 octobre 2025

Le 23 octobre dernier, le Parlement européen a adopté, en séance plénière, un règlement visant à renforcer la lutte contre les pertes de GPI dans l’environnement. Ce texte, approuvé à une large majorité, marque une avancée majeure dans la régulation du transport et de la manipulation de ces billes plastiques, responsables d’une pollution croissante des écosystèmes marins et terrestres.

Objectifs principaux

Cette réglementation vise à encadrer de manière stricte la manipulation, le transport et le stockage des GPI, véritable source invisible de pollution marine et terrestre. Le texte élargit notamment la responsabilité des pertes de GPI au transporteur, afin de garantir une prise en compte complète de l’ensemble de la chaîne logistique.

Contenu du texte

Les armateurs devront désormais stocker les GPI dans des conteneurs conformes aux normes de qualité et y indiquer clairement la nature de la cargaison. En cas de perte accidentelle, ils seront tenus d’alerter immédiatement les services d’urgence, de mettre en œuvre des mesures de limitation des dégâts et de fournir, dans un délai de 30 jours, une estimation de la quantité de GPI perdue dans l’environnement.

La réglementation concerne toutes les entreprises manipulant ou transportant plus de 5 tonnes de GPI par an, qu’elles soient ou non établies dans l’Union européenne. Un délai de deux ans est accordé au transport terrestre pour s’y conformer, et de trois ans pour le secteur maritime.

Le nouveau dispositif met également en œuvre le principe du « pollueur-payeur » pour tous les opérateurs économiques manipulant plus de 1 500 tonnes de GPI par an, y compris les transporteurs de pays tiers acheminant des pellets plastiques au sein de l’UE. Les PME bénéficieront, pour leur part, de contrôles allégés placés sous la responsabilité des États membres.

Une réponse à une pollution sous-estimée

Les GPI, utilisés comme matière première dans la fabrication de produits en plastique, sont responsables d’une pollution diffuse à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement. Selon les estimations du Parlement européen, ce règlement pourrait entraîner une réduction de 54 % à 74 % des pertes de GPI par rapport au scénario actuel, soit 6 % de la quantité totale de rejets non intentionnels de microplastiques.

Avis de Vigipol

Vigipol salue l’initiative mais juge le texte encore insuffisant. Bien que le sujet des pertes de GPI dans l’environnement marin soit considéré par l’UE et l’OMI cela ne suffit pas. Une fois le conteneur perdu en mer, il sera trop tard. Il ne restera plus qu’à nettoyer les plages sur plusieurs années.

Vigipol défend ainsi un meilleur encadrement du transport maritime de GPI :

  • via la reconnaissance des GPI comme polluant marin en classe 9 pour leur intégration dans l’Annexe III de la Convention MARPOL
  • Interdire leur arrimage en pontée
  • via la mise en place d’une obligation, pour les navires transportant des GPI, de signaler leur passage à l’État côtier.

Rapport de la Commission au Conseil et au Parlement européen sur l’application du règlement (UE) nº 1257/2013 du Parlement européen et du Conseil du 20 novembre 2013 relatif au recyclage des navires et modifiant le règlement (CE) nº 1013/2006 et la directive 2009/16/CE
19 février 2025

Le Rapport de la Commission au Conseil et au Parlement européen sur l’application du règlement (UE) nº 1257/2013, relatif au recyclage des navires, évalue l’exercice du pouvoir d’adopter des actes délégués conféré à la Commission par ce règlement. Ce rapport, publié le 22 juin 2023, analyse comment la Commission a utilisé ces pouvoirs pour assurer une mise en œuvre efficace du règlement.

Contexte

Le règlement (UE) nº 1257/2013, adopté le 20 novembre 2013, vise à garantir que les navires battant pavillon d’un État membre de l’UE soient recyclés dans des installations respectant des normes strictes en matière de sécurité et de protection de l’environnement. Il s’appuie sur la Convention de Hong Kong de 2009, qui établit des standards internationaux pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires.

Points clés du rapport

  1. Exercice des actes délégués :
    • La Commission a adopté des actes délégués pour mettre à jour et préciser les exigences techniques liées au recyclage des navires, assurant ainsi une adaptation aux évolutions technologiques et aux meilleures pratiques du secteur.
  2. Liste européenne des installations de recyclage :
    • La Commission a maintenu et actualisé la liste des installations de recyclage de navires agréées au sein de l’UE, garantissant que seules les installations conformes aux normes élevées de sécurité et d’environnement puissent opérer.
  3. Coopération internationale :
    • Le rapport souligne l’importance de la coopération avec des pays tiers pour promouvoir des pratiques de recyclage sûres et écologiquement rationnelles à l’échelle mondiale, conformément aux objectifs de la Convention de Hong Kong.

Conclusion

Le rapport démontre que la Commission a exercé de manière appropriée les pouvoirs qui lui ont été conférés par le règlement (UE) nº 1257/2013. Les actes délégués adoptés ont contribué à une mise en œuvre efficace du règlement, renforçant la sécurité et la durabilité environnementale du recyclage des navires au sein de l’Union européenne.

Rapport de la Commission au Conseil et au Parlement européen – Évaluation par la Commission des programmes de mesures des États
membres mis à jour au titre de l’article 17 de la directive-cadre
«stratégie pour le milieu marin» (2008/56/CE)
4 février 2025

Le Rapport de la Commission au Conseil et au Parlement européen du 4 février 2025 évalue les programmes de mesures mis à jour par les États membres en vertu de l’article 17 de la directive-cadre « stratégie pour le milieu marin » (2008/56/CE).

Contexte

La directive-cadre « stratégie pour le milieu marin » (DCSMM) de 2008 vise à protéger les milieux marins à travers l’Europe en obtenant un « bon état écologique » de ces milieux d’ici 2020. Les États membres sont tenus d’élaborer et de mettre en œuvre des stratégies marines, incluant des programmes de mesures, pour atteindre cet objectif. Ces programmes doivent être révisés tous les six ans.

Principaux points du rapport

  1. État des mers en Europe :
    • Les écosystèmes marins européens continuent de subir des pressions significatives, notamment en raison de la pollution, de la perte de biodiversité et des impacts du changement climatique. Malgré certains progrès, l’objectif d’un bon état écologique pour 2020 n’a pas été pleinement atteint.
  2. Réponse à la triple crise planétaire :
    • Pollution : Des mesures renforcées sont nécessaires pour atteindre l’objectif de « pollution zéro » dans les mers et les océans, en ciblant les déchets marins, les contaminants chimiques et la pollution sonore sous-marine.
    • Biodiversité : La restauration et la protection de la biodiversité marine sont essentielles. Les programmes de mesures doivent intégrer des actions pour préserver les habitats marins et les espèces vulnérables.
    • Changement climatique : Les mesures doivent également prendre en compte l’atténuation et l’adaptation aux effets du changement climatique sur les écosystèmes marins.
  3. Solidité socio-économique :
    • Assurer la durabilité des activités économiques liées aux mers, telles que la pêche et le tourisme, est crucial pour les communautés côtières. Les programmes de mesures doivent équilibrer les aspects environnementaux et socio-économiques.
  4. Gouvernance et coopération régionale :
    • La coopération entre les États membres, notamment au sein des structures régionales existantes, est essentielle pour garantir la cohérence et l’efficacité des mesures mises en œuvre.

Conclusions et recommandations

La Commission souligne la nécessité d’intensifier les efforts pour protéger les milieux marins de l’UE. Elle recommande aux États membres de renforcer leurs programmes de mesures en tenant compte des défis actuels, d’améliorer la coopération régionale et de garantir une mise en œuvre efficace des actions prévues.

En résumé, ce rapport appelle à une action renforcée et coordonnée pour assurer la santé et la résilience des écosystèmes marins européens face aux défis environnementaux actuels.

Décision d’exécution (UE) 2025/322 de la Commission modifiant la décision d’exécution (UE) 2016/2323 établissant la liste européenne des installations de recyclage de navires conformément au règlement (UE) n°1257/2013 du Parlement européen et du Conseil relatif au recyclage des navires
18 février 2025

Contexte

Le règlement (UE) n°1257/2013 vise à garantir que les navires battant pavillon d’un État membre de l’UE soient recyclés dans des installations respectant des normes strictes en matière de sécurité et d’environnement. Pour ce faire, une liste européenne des installations de recyclage de navires agréées a été établie par la décision d’exécution (UE) 2016/2323. Cette liste est régulièrement mise à jour pour refléter les modifications, telles que l’ajout ou le retrait d’installations.

Principales modifications apportées par la Décision 2025/322 :

  1. Mise à jour de la liste des installations agréées :
    • Ajout de nouvelles installations : Certaines installations de recyclage de navires ont été ajoutées à la liste européenne après avoir démontré leur conformité aux exigences du règlement (UE) n° 1257/2013.
    • Retrait d’installations : Des installations précédemment agréées ont été supprimées de la liste, soit en raison de non-conformités constatées, soit parce qu’elles ont cessé leurs activités.
  2. Mise à jour des informations sur les installations existantes : Des modifications ont été apportées aux informations relatives à certaines installations déjà présentes sur la liste, telles que des changements de nom, d’adresse ou de capacité de recyclage.

Impact de la Décision

Cette mise à jour assure que la liste européenne des installations de recyclage de navires reste précise et reflète les installations conformes aux normes de l’UE. Elle garantit ainsi que les navires battant pavillon d’un État membre de l’UE sont recyclés dans des conditions respectueuses de l’environnement et de la sécurité des travailleurs.

Conclusion

La Décision d’exécution (UE) 2025/322 illustre l’engagement continu de l’UE à maintenir des normes élevées dans le secteur du recyclage des navires, en veillant à ce que seules les installations conformes aux exigences légales soient autorisées à opérer.

Adoption par le Conseil de nouvelles mesures pour réduire les pertes de granulés plastiques, y compris dans le transport maritime
18 décembre 2024

Le Conseil de l’UE a adopté, le 18 novembre 2024, sa position officielle (« orientation générale ») sur un règlement visant à prévenir les pertes de granulés plastiques dans l’environnement. Ces matières premières industrielles, utilisées pour la fabrication de produits en plastique, sont l’une des principales sources de microplastiques, dont la dispersion pose des défis environnementaux majeurs, notamment dans le milieu marin.

Objectifs principaux des nouvelles règles

  • Réduire les pertes de granulés plastiques jusqu’à 74 % en améliorant leur manipulation à tous les stades de la chaîne d’approvisionnement ;
  • Concilier mesures ambitieuses et limitation des charges administratives inutiles ;
  • Introduire des obligations spécifiques pour le transport maritime et garantir des conditions de concurrence équitables entre les transporteurs de l’UE et des pays tiers ;

Champ d’application du règlement

Le règlement s’applique aux acteurs suivants :

  1. Opérateurs économiques manipulant plus de 5 tonnes de granulés plastiques par an ;
  2. Transporteurs de l’UE et de pays tiers impliqués dans l’acheminement des granulés plastiques ;
  3. Entreprises de nettoyage de conteneurs et réservoirs de granulés plastiques ;
  4. Chargeurs, opérateurs, agents et capitaines de navires de mer transportant des granulés plastiques ;

Mesures spécifiques pour le transport maritime

  • Garantir un emballage de bonne qualité pour éviter les pertes ;
  • Fournir des informations détaillées sur le fret ;
  • Reporter d’un an l’application des règles relatives au transport maritime pour permettre une transition progressive ;
  • Adapter le règlement si l’OMI adopte des mesures similaires ;

Certification et conformité

  • Les grands opérateurs (plus de 1 000 tonnes de granulés manipulés par an) devront obtenir un certificat délivré par un tiers indépendant ;
  • Les petites entreprises (moins de 1 000 tonnes) devront établir une auto-déclaration de conformité ;
  • Les autorités nationales réaliseront des inspections et fourniront un accès public aux informations sur la manipulation des granulés plastiques ;

Prochaines étapes

L’adoption de cette orientation générale formalise la position de négociation du Conseil. Les discussions avec le Parlement européen sur le texte définitif débuteront début 2025.

Un pas en avant pour la lutte contre la pollution par les microplastiques

Ces nouvelles règles, les premières de ce type au sein de l’UE, visent à limiter une source majeure de pollution marine et terrestre. Elles renforcent la responsabilité des acteurs économiques tout au long de la chaîne d’approvisionnement, tout en alignant les pratiques européennes sur les recommandations internationales.

Adoption de quatre nouveaux actes législatifs pour renforcer la sécurité maritime dans l’UE
27 novembre 2024

Le 18 novembre 2024, le Conseil de l’Union européenne a adopté quatre nouveaux actes législatifs dans le cadre du paquet sur la sécurité maritime. Ces mesures visent à renforcer cette dernière, la protection de l’environnement et la conformité des États membres aux normes internationales.

Les quatre directives adoptées officiellement le 27 novembre 2024 couvrent les domaines suivants :

  • Enquêtes sur les accidents maritimes (Directive 2024/3017) : Cette directivemodifie la directive 2009/18/CE sur les enquêtes d’accidents maritimes. Elle actualise les références aux normes internationales (ex. : Code d’enquête de l’OMI) et simplifie les procédures en abrogeant le règlement (UE) n° 1286/2011. La directive renforce la coopération entre États membres, prévoit une meilleure utilisation des technologies modernes (données électroniques, systèmes numériques) et améliore l’efficacité des enquêtes pour prévenir les accidents futurs. Elle vise une harmonisation accrue des pratiques dans l’Union européenne pour renforcer la sécurité maritime et garantir des réponses plus adaptées aux évolutions du secteur.
  • Pollution causée par les navires (Directive 2024/3101) : Cette directive modifie la directive 2005/35/CE en ce qui concerne la pollution causée par les navires et l’introduction de sanctions administratives en cas d’infractions. Elle vise à renforcer les mesures de lutte contre la pollution marine en introduisant des sanctions administratives harmonisées pour les infractions liées aux rejets illicites de substances polluantes par les navires. Elle prévoit également des mécanismes de coopération et d’échange d’informations entre les États membres pour améliorer la détection et la poursuite des infractions, ainsi que des dispositions pour assurer la transparence et l’accès du public aux informations relatives aux incidents de pollution.
  • Obligations des États du pavillon (Directive 2024/3100) : Cette directive modifie la directive 2009/21/CE concernant le respect des obligations des États du pavillon. Elle renforce les exigences en matière de contrôle et de surveillance des navires battant pavillon d’un État membre, afin d’assurer leur conformité aux normes internationales de sécurité et de prévention de la pollution. Elle introduit des mesures pour améliorer la qualité des inspections et des audits effectués par les États du pavillon, ainsi que des mécanismes de suivi et de rapport pour garantir une application efficace des obligations.
  • Contrôle par l’État du port (Directive 2024/3099) : Cette directive modifie la directive 2009/16/CE relative au contrôle par l’État du port. Elle intègre de nouvelles conventions internationales, telles que la Convention internationale pour le contrôle et la gestion des eaux de ballast des navires (BWM Convention) et la Convention de Nairobi sur l’enlèvement des épaves, dans le cadre des inspections par l’État du port. Elle vise à harmoniser les procédures d’inspection et à renforcer la coopération entre les États membres pour assurer une application uniforme des normes de sécurité et de protection de l’environnement.

Objectifs clés du paquet législatif

Ces nouvelles dispositions visent un double objectif :

  1. Garantir un haut niveau de qualité pour les transports maritimes tout en maîtrisant les coûts pour les opérateurs et administrations des États membres.
  2. Aligner les règles européennes avec les normes internationales, en soutenant la coopération entre autorités nationales et européennes pour une mise en œuvre efficace.

Un cadre modernisé pour un transport maritime durable

En adaptant les réglementations existantes aux enjeux contemporains, ce paquet législatif fournit à l’UE des outils pour répondre aux défis environnementaux, renforcer la sécurité maritime et garantir le respect des obligations internationales. Il s’agit d’une avancée majeure pour un secteur clé de l’économie européenne, dans un contexte de transition écologique et de compétitivité accrue. Il faudra toutefois attendre leur transposition par les États membres pour que ces directives soient effectives en droit interne.

Le Parlement européen demande une réaction de l’UE à l’encontre de la « flotte fantôme » russe
14 novembre 2024

Dans une résolution adoptée le 14 novembre, le Parlement européen a exhorté l’UE à intensifier ses efforts pour lutter contre la « flotte fantôme » russe. Ces pétroliers, souvent vétustes, non assurés, et à la propriété opaque, permettent à la Russie d’exporter son pétrole brut et ses produits pétroliers malgré les sanctions internationales, tout en représentant un risque majeur de catastrophes environnementales.

Des sanctions ciblées pour contrer un financement de la guerre en Ukraine

Ces navires, essentiels pour contourner les sanctions de l’UE et du G7, fournissent un financement crucial à la guerre d’agression de Moscou en Ukraine. Les députés demandent à ce que les prochaines séries de sanctions européennes ciblent non seulement ces navires, mais aussi leurs propriétaires, exploitants, gestionnaires, banques et compagnies d’assurance associées. Ils appellent également à sanctionner systématiquement les navires circulant dans les eaux européennes sans assurance connue.

Renforcer la surveillance et la capacité d’intervention de l’UE

La résolution propose de renforcer les capacités de surveillance de l’UE par l’utilisation de drones et de satellites, ainsi que d’intensifier les inspections ciblées en mer. Les députés demandent aussi que les États membres désignent des ports capables d’accueillir les navires sanctionnés transportant du pétrole brut ou du gaz naturel liquéfié (GNL) afin de saisir les cargaisons illégales sans compensation.

Vers une interdiction totale des combustibles fossiles russes

Les députés insistent sur la nécessité de mettre fin aux importations européennes de combustibles fossiles russes, y compris le GNL. Ils appellent également les pays du G7 à renforcer le plafonnement des prix sur le pétrole russe transporté par voie maritime, en abaissant significativement ce plafond et en remédiant aux failles permettant à la Russie de vendre son pétrole à des prix du marché.

Ils soulignent que tant que l’UE continuera à importer des combustibles fossiles russes, l’impact des sanctions et le soutien à l’Ukraine resteront limités. La résolution invite également l’UE à réévaluer ses relations bilatérales avec les pays tiers aidant la Russie à contourner les sanctions, si les efforts diplomatiques échouent.

Une réponse coordonnée pour limiter les risques environnementaux et financiers

Au-delà de l’enjeu économique et géopolitique, les activités de cette « flotte fantôme » suscitent des inquiétudes environnementales. Les députés rappellent l’urgence d’agir pour éviter des déversements d’hydrocarbures et limiter les financements directs à la Russie. Cette résolution appelle ainsi à une coopération renforcée entre les États membres et les institutions européennes pour garantir une application stricte des sanctions et défendre la sécurité énergétique et environnementale de l’UE.

Résolution complète disponible ici

Ratification de l’Accord BBNJ par le Parlement européen
24 avril 2024

Le mercredi 24 avril, le Parlement européen s’est exprimé en faveur de la ratification de l’Accord des Nations Unies portant sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (Accord BBNJ) qui a pour but de protéger les zones qui sont situées au-delà des frontières maritimes des États.

Après ce vote favorable en séance plénière, la décision du Parlement doit encore être adoptée par le Conseil, après quoi l’Union européenne pourra déposer son « instrument de ratification » auprès de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Les 27 États membres de l’UE vont désormais jouer un rôle moteur essentiel pour que le traité sur la haute mer obtienne les 60 ratifications nécessaires à son entrée en vigueur avant la conférence de l’ONU sur l’océan que la France organisera à Nice en juin 2025. La réalisation de cet objectif constituera un tournant décisif dans l’action en faveur de l’océan.

Pour que l’accord puisse entrer en vigueur, au moins 60 pays doivent signer et ratifier. Depuis le 20 septembre 2023, 90 pays ont signé le traité, signalant ainsi leur engagement à le ratifier mais seuls quatre pays l’ont formellement ratifié devant l’ONU : les Palaos, le Chili, le Belize et les Seychelles.

Plus d’informations

Adoption de la proposition de règlement relatif à la prévention des pertes de GPI
23 avril 2024

La proposition de règlement relative à la prévention des pertes de granulés plastiques en vue de réduire la pollution par les microplastiques a été votée au Parlement européen le 23 avril 2024.

L’objectif du texte est d’améliorer le traçage des billes plastiques et de contraindre les sociétés de transport à mieux traiter, à travers des contrôles réguliers, leur stockage et leur manipulation. Il introduit ainsi des exigences minimales contraignantes pour les transporteurs, les opérateurs et tout autre acteur de la chaîne d’approvisionnement en plastique pouvant être impliqués dans la perte de GPI dans l’environnement. Par ailleurs, des sanctions efficaces, proportionnées et dissuasives en cas de non-respect des certifications accordées sont prévues. De plus, cette nouvelle proposition a élargi son champ d’application au transport maritime de ce type de marchandise.

Cependant, la proposition de règlement exempte certaines entreprises d’audits et de certification en fonction de l’ampleur de leurs opérations diminuant ainsi la portée du texte.

Les négociations sur la proposition de règlement entre le Conseil européen, la Commission et le Parlement débuteront après les élections européennes du 9 juin prochain.

Sources

Directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal,
11 avril 2024

L’Union européenne a adopté une nouvelle directive qui établit des règles minimales en ce qui concerne la définition d’infractions pénales et de sanctions visant à protéger l’environnement de manière plus efficace. De nouvelles mesures sont introduites visant à prévenir et à combattre la criminalité environnementale ainsi qu’à faire appliquer efficacement le droit environnemental de l’Union.

Si la directive s’applique uniquement aux infractions commises au sein de l’UE, les États membres pourront toutefois faire le choix d’étendre leur compétence aux infractions commises en dehors de leur territoire lors de la transposition du texte.

Concrètement, ce texte :

  • renforce les infractions pénales en élargissant leurs champs d’application : nombre d’infraction pénale qui passe de 9 à 20 et qui comporte notamment la pollution causée par les navires (recyclage des navires, rejets par les navires de substances polluantes) ;
  • introduit une clause relative aux « infractions qualifiées » qui s’applique lorsqu’une infraction visée dans la directive est commise intentionnellement et entraîne la destruction de l’environnement ou des dommages irréversibles ou durables à celui-ci ;
  • considère l’écocide comme une circonstance aggravante en cas notamment de pollution généralisée dégradant les écosystèmes ;
  • renforce les peines qui doivent désormais prendre en compte la durée, la gravité et la réversibilité ou non du dommage ainsi que les sanctions en matière de délinquance en la matière.

Pour une pleine applicabilité en droit interne, les États membres devront transposer cette directive dans leurs droits nationaux avant le 21 mai 2026.

En droit français

Mise à jour des documents stratégiques de façade
25 novembre 2025

La planification de l’espace maritime français connaît une nouvelle phase de mise à jour de ses documents stratégiques, qui fondent la déclinaison territoriale de la Stratégie nationale pour la mer et le littoral. Ces documents, appelés documents stratégiques de façade (DSF), couvrent les quatre façades maritimes métropolitaines : Manche Est – Mer du Nord, Nord Atlantique – Manche Ouest, Sud Atlantique et Méditerranée. Ils servent à structurer les politiques publiques maritimes pour une période de six ans en intégrant des objectifs environnementaux, socio-économiques et de planification spatiale.

Pour la façade Nord Atlantique – Manche Ouest (NAMO) , en particulier, la nouvelle stratégie de façade a été adoptée le 25 novembre 2025, marquant l’aboutissement d’un travail de concertation entre l’État, les acteurs socio-économiques, les collectivités et les instances consultatives.

Chaque DSF comprend notamment :

  • un volet stratégique définissant les objectifs prioritaires pour la période 2025-2031 ;
  • un volet opérationnel intégrant un dispositif de suivi et, à terme, un plan d’action pour sa mise en œuvre.

Objectifs et priorités du DSF NAMO (2025-2031)

  1. Atteindre le bon état écologique des milieux marins
    • Protection renforcée des écosystèmes : ciblage de 3 % des eaux de la façade pour une protection forte.
    • Gestion et préservation des habitats naturels et de la biodiversité face aux pressions anthropiques et climatiques.
  2. Assurer la visibilité et la planification à long terme des activités maritimes
    • Coordination et anticipation pour toutes les activités existantes et émergentes : pêche, transport maritime, tourisme, nouvelles filières maritimes.
    • Réduction des conflits d’usages et intégration du lien terre-mer dans la planification.
  3. Planifier le développement de l’éolien en mer et contribuer à la neutralité carbone
    • Horizon 10 ans pour le développement éolien, avec un objectif national de 45 GW installés d’ici 2050.
    • Soutien à la transition énergétique et aux objectifs de neutralité carbone, en cohérence avec la stratégie nationale mer et littoral.

Pour en savoir plus

Arrêté portant modification de l’arrêté du 23 novembre 1987 relatif à la sécurité des navires et à la prévention de la pollution (division 211 « Stabilité à l’état intact et après avarie »)
24 janvier 2025

Cet arrêté modifie l’arrêté du 23 novembre 1987 relatif à la sécurité des navires et à la prévention de la pollution. Il apporte des modifications à la division 211 concernant la stabilité des navires à l’état intact et après avarie. L’objectif est de renforcer la sécurité en mer en garantissant une meilleure résistance des navires aux incidents pouvant compromettre leur flottabilité.

Lien vers l’Arrêté

Résolution du Sénat adoptant la proposition de Règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à la prévention des pertes de granulés plastiques en vue de réduire la pollution par les microplastiques
17 janvier 2025

Le 17 janvier 2025, le Sénat français a adopté une résolution européenne concernant la proposition de Règlement du Parlement européen et du Conseil visant à prévenir les pertes de granulés plastiques pour réduire la pollution par les microplastiques (COM(2023) 645 final).

Contexte

Les GPI sont des matières premières utilisées dans la fabrication de produits plastiques. Leur dispersion accidentelle dans l’environnement constitue une source significative de pollution par les microplastiques, affectant les écosystèmes marins et terrestres. Pour y remédier, la Commission européenne a proposé un règlement visant à encadrer les mesures de prévention des pertes de ces granulés tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

Principaux points de la résolution du Sénat

  1. Soutien à l’initiative européenne :
    • Le Sénat exprime son appui à la proposition de règlement européen, reconnaissant l’importance de mesures harmonisées au niveau de l’Union pour lutter efficacement contre la pollution par les microplastiques.
  2. Renforcement des obligations des acteurs :
    • La résolution souligne la nécessité d’imposer des obligations claires et contraignantes à tous les acteurs impliqués dans la manipulation des GPI, y compris les producteurs, transporteurs, transformateurs et distributeurs, afin de minimiser les risques de pertes accidentelles.
  3. Mise en place de bonnes pratiques :
    • Le Sénat recommande l’élaboration et la diffusion de guides de bonnes pratiques pour la gestion des GPI, ainsi que la formation des personnels concernés, afin d’assurer une application effective des mesures préventives.
  4. Contrôles et sanctions :
    • La résolution insiste sur l’importance de mettre en place des mécanismes de contrôle efficaces pour vérifier la conformité des acteurs aux nouvelles obligations, assortis de sanctions dissuasives en cas de manquement.
  5. Sensibilisation et recherche :
    • Le Sénat préconise des actions de sensibilisation du public aux enjeux liés aux microplastiques et encourage le soutien à la recherche pour développer des solutions innovantes visant à réduire cette pollution.

Conclusion

Par cette résolution, le Sénat français manifeste sa volonté de contribuer activement à la lutte contre la pollution par les microplastiques en soutenant des mesures réglementaires ambitieuses et en encourageant une mobilisation collective de l’ensemble des acteurs concernés.

Lien vers la Résolution du Sénat

Instruction n°72/ARM/CEMM relative aux drones maritimes militaires, aux navires autonomes militaires et aux petits navires achetés sans spécificité militaire
16 janvier 2025

Cette instruction du ministère des Armées encadre l’utilisation des drones maritimes militaires, des navires autonomes militaires ainsi que l’achat de petits navires sans spécificité militaire. Elle fixe des règles pour leur acquisition, leur emploi et leur intégration dans les opérations navales. Le texte s’inscrit dans une volonté d’adaptation des forces armées aux nouvelles technologies et d’harmonisation des pratiques en matière de défense maritime autonome.

Lien vers l’Instruction

Proposition de résolution du Sénat sur le règlement européen relatif à la prévention des pertes de granulés plastiques
11 décembre 2024

La proposition de résolution du Sénat, en réponse au projet de règlement du Parlement européen et du Conseil sur la prévention des pertes de granulés plastiques, souligne l’urgence de réduire la pollution par les microplastiques. Lors des auditions, l’Association nationale des élus des littoraux (ANEL), partenaire de Vigipol, a mis en lumière les initiatives conduites sur le sujet.

Les travaux de Vigipol, notamment la cartographie des arrivages de granulés plastiques sur le littoral réalisée fin 2022-début 2023 a été utilisé dans la proposition du Sénat. Par ailleurs, les recherches du Cedre ont également enrichi les discussions sur les meilleures techniques de nettoyage en cas de déversement. Ces contributions renforcent la mobilisation des acteurs français pour une meilleure réglementation et sensibilisation au niveau européen.

Dossier législatifProposition de résolution du SénatProposition de règlement du Parlement européen et du Conseil (2023)

Instruction relative aux actions nationales 2025 de l’inspection des installations classées – cf. notamment la prévention des pertes de GPI dans les ports maritimes et fluviaux
3 décembre 2024

Cette instruction définit les actions nationales 2025 de l’inspection des installations classées. Parmi les priorités figure la prévention des pertes de GPI dans les ports maritimes et fluviaux. Ces granulés, utilisés comme matière première dans l’industrie plastique, représentent une source majeure de pollution lorsqu’ils se dispersent dans l’environnement. L’instruction vise à renforcer les contrôles et les mesures de prévention pour limiter leur impact sur les écosystèmes aquatiques.

Lien vers l’Instruction

Décret portant publication de la Convention portant création de l’Organisation internationale pour les aides à la navigation maritime
15 novembre 2024

Le décret n° 2024-1034 du 15 novembre 2024 porte publication de la Convention créant l’Organisation internationale pour les aides à la navigation maritime, signée à Paris le 27 janvier 2021. Cette convention établit une organisation dédiée à la coordination internationale et au renforcement des normes concernant les aides à la navigation maritime, telles que les phares, balises, et systèmes de signalisation.

L’objectif est de garantir la sécurité de la navigation et de promouvoir la protection de l’environnement marin grâce à une gestion harmonisée et innovante des infrastructures maritimes. En publiant ce texte, la France formalise son engagement à participer activement à cette initiative internationale, essentielle dans un contexte de croissance des échanges maritimes et des défis environnementaux.

Loi autorisant la ratification de l’accord se rapportant à la CNUDM et portant sur le traité BBNJ
13 novembre 2024

La loi du 13 novembre 2024 autorise la ratification de l’accord se rapportant à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), relatif à la conservation et à l’utilisation durable de la diversité biologique marine dans les zones situées au-delà des juridictions nationales. Cet accord, souvent désigné comme le « traité BBNJ » (Biodiversity Beyond National Jurisdiction), marque une étape cruciale dans la protection des océans.

Cet accord établit un cadre juridique pour préserver la biodiversité marine dans les zones internationales grâce à des outils tels que les aires marines protégées, l’évaluation des impacts environnementaux et le partage des bénéfices issus des ressources marines. L’autorisation donnée par cette loi permet à la France de contribuer activement à cet effort mondial pour garantir la durabilité des écosystèmes marins.

Décret relatif à la désignation du lauréat pour le parc éolien Sud Bretagne
31 mai 2024

Le 31 mai 2024 la décision relative à la désignation du lauréat de la procédure de mise en concurrence avec dialogue concurrentiel n°1/2021 portant sur des installations éoliennes flottantes de production d’électricité en mer dans une zone au large du sud de la Bretagne a été publiée.

Ainsi, le lauréat est un groupement composé des sociétés Elicio France SAS et BayWa r.e. France SAS, ayant constitué la société de projet Pennavel SAS, lauréat de la procédure de mise en concurrence avec dialogue concurrentiel n°1/2021 portant sur des installations éoliennes flottantes de production d’électricité en mer dans une zone au large du sud de la Bretagne.

Source

Ratification de l’Accord BBNJ par l’Assemblée nationale
27 mai 2024

Le 29 mai 2024, l’Assemblée nationale a adopté, sans modification et à l’unanimité, le projet de loi autorisant la ratification de l’accord se rapportant à la convention des Nations unies sur le droit de la mer et portant sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction national (Accord BBNJ pour « Biological diversity of areas Beyond National Jurisdiction »).

La France avait signé l’accord le 20 septembre 2023 au siège des Nations unies à New York.

Pour rappel, cet accord, adopté le 16 juin 2023, a pour objet d’assurer la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de juridiction nationale. 

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